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mardi 1 novembre 2022

ELLE SANS MOI

ELLE SANS MOI

 

Elle croyait que j’étais un enfant de nuit,

Une pauvre chose sans avenir…

Elle ignorait que j’avais l’âme de l’inuit

Aux grands froids le voulant retenir.

 

Elle disait que je ne passerais pas l’hiver ;

Elle m’aurait voulu prisonnier du temps

Accroché à la vasque de cet univers

Où des enfants chantonnent cœur battant

 

Quand d’autres s’emmurent de souffrances,

Se purgent de vraies libertés…

Que cognent au ventre plein de l’absence

La moiteur des journées d’été,

 

La pâleur de rêves écrasés, l’audace

Des corps se laissant effeuiller, le nu

D’ombres éparpillées, et qu’effacent

Les premiers rais démystifiés de la nue.

 

Elle pensait que j’étais perdu au milieu

De musiques profanes… son piano confessait

Des notes sublimant à qui mieux mieux

Le profond halo de la voix… l’écho la venait tancer.

 

Elle a maquillé de mes peurs, avant que de fuir,

La subtile translation… sera-ce ici du bonheur

La capricieuse mutation ? ne me laisserai séduire

A l’aube du renouveau ! et si l’amour est un leurre

 

Ferai réserve du pire… la solitude m’accompagne ;

L’empreinte de mon devenir se ride…

Ferai-je de la rémanence ma compagne,

De la résurgence ma fidèle abside ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022