Elle croyait que j’étais un enfant de nuit,
Une pauvre chose sans avenir…
Elle ignorait que j’avais l’âme de l’inuit
Aux grands froids le voulant retenir.
Elle disait que je ne passerais pas l’hiver ;
Elle m’aurait voulu prisonnier du temps
Accroché à la vasque de cet univers
Où des enfants chantonnent cœur battant
Quand d’autres s’emmurent de souffrances,
Se purgent de vraies libertés…
Que cognent au ventre plein de l’absence
La moiteur des journées d’été,
La pâleur de rêves écrasés, l’audace
Des corps se laissant effeuiller, le nu
D’ombres éparpillées, et qu’effacent
Les premiers rais démystifiés de la nue.
Elle pensait que j’étais perdu au milieu
De musiques profanes… son piano confessait
Des notes sublimant à qui mieux mieux
Le profond halo de la voix… l’écho la venait tancer.
Elle a maquillé de mes peurs, avant que de fuir,
La subtile translation… sera-ce ici du bonheur
La capricieuse mutation ? ne me laisserai séduire
A l’aube du renouveau ! et si l’amour est un leurre
Ferai réserve du pire… la solitude m’accompagne ;
L’empreinte de mon devenir se ride…
Ferai-je de la rémanence ma compagne,
De la résurgence ma fidèle abside ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
