Regarde le beau rivage ! alanguies,
Vaquent les dryades peau boucanée,
Les sirènes dont le derme tanné
Offense du regard le malheureux targui !
S’y défroisse des brumes, le diadème :
Ephémère tiare ; percent des gibbeuses,
Les frimas aux cimes de neigeuses
Qu’accentuent le pinacle trop blême.
De mes soleils, à tes lunes flétries,
Aucune radiance au col des rêves,
Chus du désir aux spécieuses trêves
Lestées de caprices contrits.
Astreins-moi aux préventives lois !...
M'y soumettrai avec attention,
Sans plus m'en faire… de l'ostentation,
Me dédouanerai, riche de cet exploit.
Peu à peu, se faneront nos doutes,
S'altéreront les craintes en ces lieux
Où l'aplomb interpelle le reître bilieux,
Ce servant à l'orée de nos routes.
Te coucherai sur de moelleux sofas,
A l’ombre du vieux baldaquin
Délaissé du minable faquin
Dont l'angoisse moleste la diffa.
En d’autres mues, corps enchevêtrés,
Briserons les caverneuses plaintes ;
Boirai à ta source, délié de ces feintes,
L'entropique cuvée… s'en m’y déconcentrer,
Escaladerai de ton ventre meurtri,
Le nombril… enfiévré d'éréthisme ;
Refoulerai des reflux d'eustatisme,
Ta chair endolorie de stries…
En la chambre baignée de doux reflets,
Nos lignes en arceau lieront du matin
La frêle quille de l'instant clandestin,
Épointée de nos formes renflées.
Armand Mando
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