Voyez poindre des rives les reflets opalins
Du fleuve qui serpente aux nuits indomptées !
Ils posent des sillons au cœur du bel été,
De labiles rainures au récif hyalin.
Entrelacées parfois d’anonymes ventées,
Les spires se défont des figures vernales ;
Elles semblent ébraser des traces automnales,
Les froides particules, les teintes aimantées.
Ecoutez sur la dune les brises chapelées
Peu à peu s’émietter aux dômes des volcans !
L’oisillon doit quitter aux ombrageux décans,
Le nid encor humide, comme décapelé,
Pour de la ribambelle suivre sans retenue,
De la migration, le trop fuyant cortège
Où s’accouplent les vents du curieux manège
Egrenant de l’envol aux volutes de nue,
Les stratus pris au piège en l’éveil
D’indélicates bruines amoitissant l’azur
Qu'épient encor au clair de l'embrasure
D'infidèles profils qui toujours émerveillent.
Regardez se poser sur la berge poudrée
Les premières bernaches, les macroules
Effarées, bondir lorsque s’écroulent
Les friables cliquarts du glissant adret !
La nature conquise dévoile ses apprêts
Avant de disparaître au solstice nouveau ;
Les saisons dénouées de ce bel écheveau
Se grisent de pollen, de nuances diaprées.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
