N’est de ritournelles en ces fades printemps,
Vraie mesure aucune… A les trop fredonner,
Le chantre psalmodie en doutant
Du Seigneur qui pour lui, s'est donné
Au Calvaire ; lui a tout pardonné.
Le cœur lui, n'oublie pas ; caresse de l'âme
L’apostume, aplanit de l'esprit,
L’entrelacs … quand l'homme s'y pâme,
Le revers endenté de mépris.
Le cœur connait de nos errances,
Les moindres aléas ; jouxte du mensonge
Vaines assertions, et colères intenses
Au remords qui en l'aube, nous ronge.
L’ai vu écorner de l'orgueil du tyran,
La trémie : avantageuse panse ;
Se peut-il qu'il tacle le mécréant
Dont la gnose fascine la science !
Le cœur est un clos serti de mille roses ;
Le poète en cultive de subtile plume,
La rosée, évinçant de la glose,
La vindicte ; souvent, elle s’en accoutume.
Mon cœur prend du tien, en de sages pensées,
La chaleur et l'ivresse de l'amour sublimé
Dont parle l'énamourée ivre, idéalisée
De l'amant au langage réprimé.
Si nous nous contentions en l'avril,
De lui offrir fragrances premières,
Musc, essences, ou nard fébrile,
Verrions-nous poindre des clairières,
Rose de Ronsard… de Dumas, camélias
Dont Marguerite Gautier, malade,
Dirait : Monsieur Duval, ce qui se lia
En mon cœur assouvi d’accolades,
Se délie du spleen du noble langage ;
Qu'importe très cher, soumettez-moi
Aux jouissances démunies de présages !
Ma lèvre s’enfle de loquaces fièvres, l'émoi
En ma raison, s'insurge… me pénètrent
Les brûlures de nos cœurs libérés…
Mourir en ces luttes où dérivent les êtres,
N'a de l'offense, nul autre empyrée.
Puisse un jour, mon cœur désenclavé,
Emprunter du talent du parnassien
Le romantisme de Sully Prud'homme, lavé
Des grimaces dont s'arme le béotien.
Irai de lunes, en ambigus décans, traire
Des orbes, le replet mamelon,
Brider de la vacance du vocabulaire,
Le dispendieux, m'étendre de mon long
Aux voies pavées de surenchères ;
Antoine De Gentile en fustige promesses
Quand les profils fantômes de la chair
Rabrouent la sinistrose de folles kermesses.
Ce cœur fait ce qu'il peut aux soirs d'infortune,
Pour roidir du verbe le tumulte forclos…
Dois-je marcher au nord de vos rancunes,
Pour en civiliser le désir juste éclos ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

