Avec des souvenirs, des rêves écrasés,
Ai construit des murets, élevé des cités ;
Noué d’insomnies, sans jamais hésiter,
Ai tutoyé au soir les gouges méprisées.
Avec d’autres îles épiées de l’adret,
Ai allumé des mots au faîte d'élégies,
D'arpèges, au mal qui me régit
Sans me parer de sublimes attraits.
Avec rires et pleurs en avalanche,
Ai caressé de Sélinonte, les muses :
Odalisques aux inflexions obtuses,
Aux roulis de leurs hanches.
De cendres laviques, de poussières,
Ai, de Saint-Pierre, la troublante métisse,
Fardé de démesure l'antre de Cyparis,
Où la mort fut vaincue de sa mue altière.
Ai de Périnelle, à l’alleu de Plaisance,
Pressé de l'absence, les mânes,
Des mâtines, les lallations insanes
Dépurant le sang neuf de l'enfance.
Du sanctuaire de mon île,
Ai sublimé de l'espace, la nue… j'avais
Ô que ne l'aurais-je tu ! délaissé les pavés,
Pour la sphère d'ivresses indociles.
Cœur en panne, une folie dans l'œil,
Ai percé le flanc gris de l’offense
Rivée au négoce des réminiscences,
Quand l’âme dérive d'inflexibles deuils...
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
