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mercredi 30 novembre 2022

LOUISE

LOUISE

 

Louise, vous me semblez bien pâle ;

Auriez-vous en ces temps vu la mort

En reptation, vous soumettre au pal

Du malheur, votre vie à son mors ?

 

Il pleut au clair du Mont Marcy ;

Aux Adirondacks, la pluie s’éternise

Pour offrir aux cailloutis noircis,

La moiteur des rives où la vague s’enlise.

 

Bien-aimée, mes attentes sont vôtre !

J’imagine aux nuits écarlates,

La noirceur qui s’y lentement vautre

Lénifiant du mal, le reflux disparate.

 

Pour ici s’alléger du joug de l’audace,

Mes fièvres accusent la dolence

De nos songes meurtris ; j’en efface

Sans peine l’irascible constance

 

Dont ma verve empourpre à tort

Le limpide larmier, quand perlent

Les sanglots du podestat retors

Dont la rage, et l’amok déferlent.

 

Tendron de mes jours, ma compagne,

À vos pieds, en liesse salvatrice,

Je pose mon cœur chu de la cocagne...

Subsistent qu’inutiles blandices !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022