L’espoir est un chemin emprunté de naïfs
Lestés de sermons de prévaricateurs ;
C’est un rude parcours calqué de séducteurs
Aiguisant leurs vénéneuses griffes,
Ces cornes subulées adornant l’escogriffe,
Ce mol énergumène pétri de mots menteurs.
L’espoir est un tunnel où se perdent au soir,
Sages et fous de ce monde en déclin…
Ils traversent le temps, aveuglés par le clin,
Hissant le gonfalon leur servant d’ostensoir.
C’est la didascalie d’une pièce sans actes,
L’indice d’un ouvrage rebutant le censeur
Malgré lui, pris au rets du langage tanceur
Qui en anthropologue démystifie le pacte
Unissant l’incrédule, aux perfides promesses
De la gent séductrice au sabir velouté…
L’espoir est un couloir ; s’y vient culbuter
Le gobeur du dimanche polarisé de messes.
Tel l’occulte fleuret aux mains de l’épéiste,
Il esquive sans autres, et avec élégance ;
Fin prêt, sans feintes d’allégeance
En cette brette épiée du soufiste.
Il m’a fait servant de rêveries nocturnes,
Maculant mon royaume peuplé de chimères ;
Il m’a su enrouler telle la vague de mer
Foulée sans équivoque de mes noires cothurnes.
L’espoir porte en livrée nos primales envies,
Au sang nouveau de pâles souvenirs
Enkystés de remords, et sans jamais bannir
Des friables besoins l’inutile survie.
