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samedi 26 novembre 2022

EXPECTANCE

EXPECTANCE

 

L’espoir est un chemin emprunté de naïfs

Lestés de sermons de prévaricateurs ;

C’est un rude parcours calqué de séducteurs

Aiguisant leurs vénéneuses griffes,

Ces cornes subulées adornant l’escogriffe,

Ce mol énergumène pétri de mots menteurs.

 

L’espoir est un tunnel où se perdent au soir,

Sages et fous de ce monde en déclin…

Ils traversent le temps, aveuglés par le clin,

Hissant le gonfalon leur servant d’ostensoir.

 

C’est la didascalie d’une pièce sans actes,

L’indice d’un ouvrage rebutant le censeur

Malgré lui, pris au rets du langage tanceur

Qui en anthropologue démystifie le pacte

 

Unissant l’incrédule, aux perfides promesses

De la gent séductrice au sabir velouté…

L’espoir est un couloir ; s’y vient culbuter

Le gobeur du dimanche polarisé de messes.

 

Tel l’occulte fleuret aux mains de l’épéiste,

Il esquive sans autres, et avec élégance ;

Fin prêt, sans feintes d’allégeance

En cette brette épiée du soufiste.

 

Il m’a fait servant de rêveries nocturnes,

Maculant mon royaume peuplé de chimères ;

Il m’a su enrouler telle la vague de mer

Foulée sans équivoque de mes noires cothurnes.

 

L’espoir porte en livrée nos primales envies,

Au sang nouveau de pâles souvenirs

Enkystés de remords, et sans jamais bannir

Des friables besoins l’inutile survie.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022