Je n’ai pas
gardé ma chemise,
Le temps s’est
déjà effacé ;
Que ne
puis-je en ce temps passé,
Voir, quand
l’amour est partie remise !
Je n’ai pas
mordu aux doux fruits
Dont j’ai
longtemps fait quémande,
Ni trouver
en tes yeux en amandes,
Les nuits
blêmes dont j’ai l’usufruit.
Je n’ai écorché
du rêve désaccordé
Les revêches
partitions ; trop tard
Peut-être
pour avancer en pistard ;
Mon ombre semble
dilatée…
Je n’ai pas
gardé mon chapeau,
Ni l’étole distraitement
posée
Sur ma
silhouette décomposée
De vieil
amant en oripeaux.
Si mes
matins sont des nuits blanches,
C’est que
minuit sonne à ma porte ;
Je voudrais
que diable l’emporte
Aux frissons
de tes avalanches,
Aux larmes
dont tu t’auréoles encor,
Aux pleurs
transcendés que renflouent
Tes prouesses
ébrasées : ce flou
Liserant le
marchepied de ton corps.
J'ai pris aux
volets écaillés, en l’automne,
La bise d’octobre, la furtive ;
J’écoute
battre de la coursive,
Les turbulents
grelots qui résonnent
Comme pour
nous rappeler au temps
Des
musiques contraires, en l’oubli
D’inextinguibles
pépies qu’affaiblit
La pâleur
des mots hésitants.
J’ai déposé
mon bagage, mes fièvres,
Au chevet d’autres
infortunes,
A l’abside d’altières
tribunes ;
La souffrance
donne à mes lèvres
Aux heures
sophistiquées, et sans mal,
De plaintives
resucées, d’itératives mues ;
Pour m’en
défaire : l’âme, le cœur, émus,
Je reflue
les poussées lacrymales.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
