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lundi 14 novembre 2022

AU RYTHME D’UNE AUTRE ESCALE

AU RYTHME D’UNE AUTRE ESCALE

 

Matutinales ivresses déflorant de l’automne

Premiers surgeons, et hideuses marcottes :

Noduleux courçons que façonnent

Les bruines aux grelots monotones.

 

Au souffle de la bise, aux primes avancées,

S’étirent les marbrures du jardin de Presles ;

Craintifs surmulots, rates engraissées

Accusent encor bombance aux grêles

 

Déversées sur la peau d'un espace clos

Où s’enquillent de rétives percées…

S’attardent les limaces du vieil enclos,

Et qu’agressent parfois les oiselles alcées.

 

Des pauses miroitant de grâce,

Les libellules flottent sans retenue

En amont du lac, puis s’enlacent

Avant de s’envoler en-deçà de la nue.

 

Délicates invites à mon double bercé,

Que ne puis-je, que ne pourrais-je là,

Dépecer de vos sons pleinement nuancés,

L’élégante rythmique, et qui s’accola !  

 

De vos riches ballets dessertis de mésaise,

Les fades lumières se veulent pénétrer ;

Il me semble toucher de la face niaise

L’étrange étonnure, l’évasive métrée.  

 

Subtiles confidences dont l’inclination

Parachève en doux conciliabule l’écho

De mille tances à l’ouïe, avec attention,

En de dolentes plaintes aux sens afocaux.

 

J’aime aux mornes grimes, élever trépied,

Poser aquarelles a l’étoupe fragile ;

Au canevas de mes fauves lapiés,

Un tableau amorcé de tons indélébiles.

 

L’hiver trop précoce aimerait écorcher

De mon style la folle maladresse ;

Aussi, pour ne point l'amocher,

Muni d’égide, ai fait montre d’adresse

 

Afin de fluctuer de l'escobarderie

Le jaseran des mutations : haubert

Où s’engouffrent à chaque avarie,

Les rus emperlés ; les ondes les libèrent.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022