Matutinales ivresses déflorant de l’automne
Premiers surgeons, et hideuses marcottes :
Noduleux courçons que façonnent
Les bruines aux grelots monotones.
Au souffle de la bise, aux primes avancées,
S’étirent les marbrures du jardin de Presles ;
Craintifs surmulots, rates engraissées
Accusent encor bombance aux grêles
Déversées sur la peau d'un espace clos
Où s’enquillent de rétives percées…
S’attardent les limaces du vieil enclos,
Et qu’agressent parfois les oiselles alcées.
Des pauses miroitant de grâce,
Les libellules flottent sans retenue
En amont du lac, puis s’enlacent
Avant de s’envoler en-deçà de la nue.
Délicates invites à mon double bercé,
Que ne puis-je, que ne pourrais-je là,
Dépecer de vos sons pleinement nuancés,
L’élégante rythmique, et qui s’accola !
De vos riches ballets dessertis de mésaise,
Les fades lumières se veulent pénétrer ;
Il me semble toucher de la face niaise
L’étrange étonnure, l’évasive métrée.
Subtiles confidences dont l’inclination
Parachève en doux conciliabule l’écho
De mille tances à l’ouïe, avec attention,
En de dolentes plaintes aux sens afocaux.
J’aime aux mornes grimes, élever trépied,
Poser aquarelles a l’étoupe fragile ;
Au canevas de mes fauves lapiés,
Un tableau amorcé de tons indélébiles.
L’hiver trop précoce aimerait écorcher
De mon style la folle maladresse ;
Aussi, pour ne point l'amocher,
Muni d’égide, ai fait montre d’adresse
Afin de fluctuer de l'escobarderie
Le jaseran des mutations : haubert
Où s’engouffrent à chaque avarie,
Les rus emperlés ; les ondes les libèrent.
Armand Mando
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