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lundi 28 novembre 2022

SUBTILES PARENTHESES


SUBTILES PARENTHESES

 

Ils s’aiment au froid matin de décembre,

Aux neiges déposées du baiser de l’hiver,

Aux impudiques lèvres ajustées au revers

De l'étrange saison qui au soir, se démembre.

 

S'aiment au creux d’un lit enguenillé d’orgueil,

Sur la couche froissée empruntée d’amants

Paramétrant l’envie au socle de tourments

Marouflés d’impudeur, toujours au même écueil.

 

S’aiment nus, sans honte, ni tabou… s’aiment

Parce-que l’amour enfante des promesses ;

Et quand la nuit traverse le naos des messes,

Ils déchirent des cris tous les sons anathèmes.

 

Quand perce le silence atrophié d’étreintes,

Ils bedonnent du temps la replète trémie,

Espérant voir pousser au for de l’insomnie

Les riches geignements que le plaisir éreinte.

 

Quand le mâle pénètre la rose effeuillée,

L’ithyphallique pieu se voudrait réceptif

Aux fatales coulées dont l’être se fait captif

Quand la vierge s’oublie en ce jeu endeuillé

 

De corps égratignés en l’extase facile

Translatée sous la chape de balbutiements ;

S’aiment à reculons, purgeant du reniement

L’impossible exutoire de l’ardeur indocile.

 

Ils s’aiment devant l’âtre aux tépides braises,

S’accotent avant de choir de l’éveil arrogant

Pulsé de ces fièvres mutilant l’intrigant

Sur la barlongue chatonnée de mésaise,

 

Aux tempêtes de l’aube en devenir :

Cycliques ventées de nuisibles décans,

D'efforts pénétrés sous l’horrible carcan,

De fragiles suées les semblant retenir ;

 

Se peut-il qu’ils s’en accommodassent avant

De perforer de lubies le rumen,

Le bissac, et qui toujours malmène

Les enfants liés aux rites décevants ?

 

Se vident au pied de l’absence,

S’abandonnent au tertre du possible,

Avant que de flétrir en des rêves cessibles :

Songes brocardés proches de l’indécence.

 

Laissez-les donc s’aimer !…  L’illusoire est un feu

Au fantaisistes flammes ; il enjôle parfois

D’infimes poussières, sans toutefois

Les poisser d’artifices suiffeux…

 

Ils s’aiment comme on s’aime à quinze ans,

Maladroits, imprudents… mais sincères ;

Le bonheur, à leurs rires, s’insère ;

S’aiment sans montre d’un orgueil suffisant.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022