Nos rires s’éteindront
en l’aube souveraine ;
Couleront des
yeux des torrents d’amertume…
L’enfance verra
mûrir aux béances de crène
La douleur
et la peur aux premières brumes.
L’homme :
insatiable loup au pal des nuits,
Portera estocade
au malheur à venir,
Confessant de
ce deuil délavé de pluies,
Et l’envie
et l’espoir, sans se vouloir punir.
Nos remords
faneront aux jachères du vice ;
Ivre de mécréance
en d’irascibles tares,
La plèbe, des
fléaux qui aux ides sévissent,
Boira de
tout son soûl, en solide castar,
La rage des
kaisers nimbés de suffisance :
Colère de
consuls auréolés de haine…
Aux procordés
de l’ardente géhenne
Les brûlots
offriront des braises d’allégeance.
Des minces interstices
du matin renaissant
Bâilleront d’audacieux
soleils… l’automne
Ne sera
plus que cendres sur le sang ;
La paresse
du jour semblera monotone.
Fier, serti
de gloire, en baccalaureus,
Le dandy
offrira aux rétives pucelles
Et la vie,
et l’envie sans coutumes, ni us,
Avant de l’asservir
aux ronces de capselle,
Quand l’amante
vexée s’imagine un ailleurs
Jouxtant de
l’offense empalant l’éconduit
Une berme
larvée ignorée du railleur :
Cryptique
lieue privée de sauf-conduit.
Les saisons
grimeront des flexibles tubules
En cette
décadence le fragile caïeu…
Nulle didascalie
portera préambule
Aux textus
de scribes, nos fidèles aïeux.
Au théâtre
des ombres les spectrales mues
Se feront
encenser de jocrisses guindés,
De froids
réprobateurs, de louangeurs émus
Garrotés d’entregents
les pouvant blinder.
Je resterai
pour voir au son de l’hallali
Le servant embrasser
de l’abstrait
Au point de
l’antéversion, la folie,
L’angoisse
du déchu… sans contrer
De sa
marche la bancale rythmique
Lestée d'incertitudes, d'oscillations...
Prisonnier du feu de la panique,
S'enclouera de superstitions.
Pour mieux
apprivoiser de ces clichés d’insert
Le mimétisme
clos, irai semer au soir
Sur les
terres pentues, entre les riches serres,
Des germes
d’ironie, foulant là du fossoir
Le feston
moussu peuplant de moisissures
Le caveau
des trompeurs : tombeau anonyme
De puissants
podestats balafrés de blessures,
De cruelles
gerçures que le péché anime.
Puis,
Quand je m’en irai aux Cieux d’Allégresse,
L’hiver de
mes narcoses suspendra son envol…
Ne serai plus
que moi, sans l’infâme détresse
Enquillée à
ma peau de marin vélivole.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
