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lundi 28 novembre 2022

LE GLAS D’OMBRES FOURCHUES

LE GLAS D’OMBRES FOURCHUES

 

Nos rires s’éteindront en l’aube souveraine ;

Couleront des yeux des torrents d’amertume…

L’enfance verra mûrir aux béances de crène

La douleur et la peur aux premières brumes.

 

L’homme : insatiable loup au pal des nuits,

Portera estocade au malheur à venir,

Confessant de ce deuil délavé de pluies,

Et l’envie et l’espoir, sans se vouloir punir.

 

Nos remords faneront aux jachères du vice ;

Ivre de mécréance en d’irascibles tares,

La plèbe, des fléaux qui aux ides sévissent,

Boira de tout son soûl, en solide castar,

 

La rage des kaisers nimbés de suffisance :

Colère de consuls auréolés de haine…

Aux procordés de l’ardente géhenne

Les brûlots offriront des braises d’allégeance.

 

Des minces interstices du matin renaissant

Bâilleront d’audacieux soleils… l’automne

Ne sera plus que cendres sur le sang ;

La paresse du jour semblera monotone.

 

Fier, serti de gloire, en baccalaureus,

Le dandy offrira aux rétives pucelles

Et la vie, et l’envie sans coutumes, ni us,

Avant de l’asservir aux ronces de capselle,

 

Quand l’amante vexée s’imagine un ailleurs

Jouxtant de l’offense empalant l’éconduit

Une berme larvée ignorée du railleur :

Cryptique lieue privée de sauf-conduit.

 

Les saisons grimeront des flexibles tubules

En cette décadence le fragile caïeu…

Nulle didascalie portera préambule

Aux textus de scribes, nos fidèles aïeux.

 

Au théâtre des ombres les spectrales mues

Se feront encenser de jocrisses guindés,

De froids réprobateurs, de louangeurs émus

Garrotés d’entregents les pouvant blinder.

 

Je resterai pour voir au son de l’hallali

Le servant embrasser de l’abstrait

Au point de l’antéversion, la folie,

L’angoisse du déchu… sans contrer

 

De sa marche la bancale rythmique

Lestée d'incertitudes, d'oscillations...

Prisonnier du feu de la panique,

S'enclouera de superstitions. 

 

Pour mieux apprivoiser de ces clichés d’insert

Le mimétisme clos, irai semer au soir

Sur les terres pentues, entre les riches serres,

Des germes d’ironie, foulant là du fossoir

 

Le feston moussu peuplant de moisissures

Le caveau des trompeurs : tombeau anonyme

De puissants podestats balafrés de blessures,

De cruelles gerçures que le péché anime.

 

Puis,

 Quand je m’en irai aux Cieux d’Allégresse,

L’hiver de mes narcoses suspendra son envol…

Ne serai plus que moi, sans l’infâme détresse

Enquillée à ma peau de marin vélivole.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022