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samedi 5 novembre 2022

POSSIBLE MUTATION



POSSIBLE MUTATION

 

Je n’ai plus quinze ans, mon soleil s’étiole,

Mes étoiles pâlissent au-delà des rêves  

Immiscés, comme poussés d’Eole

Aux nuits expurgées de leur sève.

 

J’avais aux jeux d’enfant craintif,

La rougeur des fièvres moqueuses :

Ces flous qu’enjambe l’amoureux rétif

Chevauchant les venettes bileuses.

 

J’épiais des donzelles la cambrure,

De la moue effrontée, le vermillon ;

Mon regard en perçait la voilure

Sous la chair molestée d’un bâillon.

 

L’émoi me calait en piètre moujingue

Maladroit, empoté... mon corps donnait

Aux rires l’apparence du dingue

Qui au soir cabotine... seul, abandonné.

 

Je rêvais d’escale entre les seins gonflés

De gaupes figées sur le papier

De fables livresques, renflées

Sous la guipure du stupre pépié.

 

Que n’aurais-je donné aux Diane blessées,

Enfouies au cylindre des licences !

De ma couche bancale, au pal dressé

D’un baldaquin, s’offensait silence

 

De virtuelles nuits dont le nard

Purge d’olfactives liesses le musc...

En ces deuils, mes cris de ramenard

Grimaient de tares qui offusquent

 

La coupable charge, le flux palpable…

J’ignorais du désir la démarque

Séquentielle, voire indomptable…

L’ambition ne vous fait pas monarque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022