Je n’ai plus quinze ans, mon soleil s’étiole,
Mes étoiles pâlissent au-delà des rêves
Immiscés, comme poussés d’Eole
Aux nuits expurgées de leur sève.
J’avais aux jeux d’enfant craintif,
La rougeur des fièvres moqueuses :
Ces flous qu’enjambe l’amoureux rétif
Chevauchant les venettes bileuses.
J’épiais des donzelles la cambrure,
De la moue effrontée, le vermillon ;
Mon regard en perçait la voilure
Sous la chair molestée d’un bâillon.
L’émoi me calait en piètre moujingue
Maladroit, empoté... mon corps donnait
Aux rires l’apparence du dingue
Qui au soir cabotine... seul, abandonné.
Je rêvais d’escale entre les seins gonflés
De gaupes figées sur le papier
De fables livresques, renflées
Sous la guipure du stupre pépié.
Que n’aurais-je donné aux Diane blessées,
Enfouies au cylindre des licences !
De ma couche bancale, au pal dressé
D’un baldaquin, s’offensait silence
De virtuelles nuits dont le nard
Purge d’olfactives liesses le musc...
En ces deuils, mes cris de ramenard
Grimaient de tares qui offusquent
La coupable charge, le flux palpable…
J’ignorais du désir la démarque
Séquentielle, voire indomptable…
L’ambition ne vous fait pas monarque.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
