Et vogue la
galère
Ils sont tristes, irrévérencieux,
Pusillanimes, ces nouveaux voyageurs ;
Regard embrumé d'un épais chassieux,
Fardent leurs paupières, d’étonnantes rougeurs.
Leur vie tient en sac allongé en trémie,
S’essouffle en des pas empruntés
Aux ambles de Condottière: ces ennemies,
Ignobles sédentaires, jamais plébiscités ;
Veulent à tout prix vaincre, gagner,
Escalader aux ventées, chaque pic
Dressé en pinacle, sans jamais renier
L’ivresse des cimes ou le calme des criques.
Sont rochassiers de nos livres d’images,
Anonymes grimpeurs, à la peau boucanée
Par les rais d’un soleil en voyage
Voulant escalader l’hypoderme tanné.
Se croient forts et fiers, ces fantasques ;
Sont cependant, en leur indécent deuil,
Turlupins de foire, sous vasque
D’un futur épié du coin de l’œil ;
Du rire de présomption, on le sait _
Aux simulacres de pisteurs futés,
On les voit céder aux clameurs du succès
Grisant de salvations, le héros patenté.
L’orgueil les prive du doute raisonnable
Du gueux d’unions métamorphiques…
C’eût été, en nos vies respectables,
Sagesse déliée de relents méphitiques ;
Est-ce la causalité, l’infatuation arguant
Soumission au Divin Rédempteur ?
Franchir des gémonies, en sultan arrogant,
L’ultime palier, n’éveille du contempteur,
Que vaines cognitions du mnésique,
Au savoir lésé des règles préceptrices
Du magnanime, en la métaphysique:
Ce cartésianisme pincé de la matrice
Du fat sans perspectives, immolé
En cet obscurantisme avilissant
Le bedole fripé ; d’angoisses, auréolé…
Triste sire au langage blessant !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
