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jeudi 15 avril 2021

Quæ* Elle

Quæ*

Elle

 

Elle est la mue de mon cœur froissé,

Le baume, quand j’ai mal de moi,

La doublure de mon double croisé

En quelque ruelle où s’attise l’émoi.

 

Elle est le train emportant mes dérives

Au-delà des routes où s’effeuillent des ans,

Les sentes que jouxtent les rives,

Si l’onde s'étale en vulgaire torrent

 

Serpentant dessous la canopée ;

Le trimard s’y embourbe sans mal,

S'enlise, sans pouvoir s'en échapper

Quand chutent les bruines hiémales.


Elle est la glace, ou feu de mes veines:

Ce chaud et  froid dont ma chair accuse

En d’improbables luttes, la déveine

Giclée de sanguines pulsions de muses

 

Alanguies, dont les luttes évincent

Du raisonnable, l’éphémère structure,

Aux vents légers, quand grincent

Les portes du Shéol, scellées aux sépultures,

 

Sous mes doigts-aquarelles, au lusin

De l'imaginaire… j’en retouche l’ébauche,

Parfois, des fauves teintes, le fusain

Attouché, dévoilant la perfide débauche.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021