L’oubli
de tout
Ne plus se souvenir des dimanches roses,
Des vacances fleuries d’Isola Madre ;
Ne plus s’accrocher aux parois de l’adret,
Quand l’escale semble être: inutile pause.
Se cacher d'amants de la lande bohème,
Rosières blessées du couvent de Müstair ;
Nier du conciliabule, et sans vraiment le taire,
L’aveu qui du désir, empaume l’anathème.
Ne plus se laisser vaincre des rêves d’hier,
D’obtuses confessions de tristes repentis,
Qui de la thébaïde, sous le frêle appentis,
Se viennent purger d’étreintes ancillaires.
Oublier les mensonges du clergé romain,
L’apocryphe de niables encycliques,
D’épistoles tracées de nonces chimériques
Envoûtés de prélats à la toge carmin.
Pour ne garder de soi, ce que d’autres ignorent,
Il se faut prémunir des sages ordalies, ces édits
De grincheux podestats, dont l’action contredit
L’éphémère décence que l’arrogance honore.
Armand Mando
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