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mardi 6 avril 2021

AD APICEM TUI SUPERBAS* Au faîte de ta superbe

 

AD APICEM TUI SUPERBAS*

Au faîte de ta superbe

 

Laisse-moi te chausser d’un satin de trotte,

Poser à ton pied un soulier de reine !

Je veux te voir en l’aube, éthérée, souveraine,

Avancer aux reflets de spires d’actinotes…

 

Sur ta peau caressée des bises du matin,

Les nuances pénètrent la soie de tes longs cils

Balayant des cristaux, les miasmes indociles,

Epandus au porphyre de clignements mutins.

 

L’ivresse du confort de ma pépie frondeuse

Décélère des soifs crispées, hésitantes,

L’aboulie cognitive, la gêne balbutiante,

Dont j’honore, malgré moi la tutelle boudeuse.

 

Laisse-moi musarder au nord de ta vacance,

M’abreuver à la source de tes sentiments ;

Il me faut des déserts, enfreindre hardiment,

L’affligeante anhydrie, sans poser indulgence

 

Aux silences butés de vierges mélancolies,

Au mal processionnel de ces coulpes d’ascèse

Formolées de rites d’offertoires, n’en déplaise

Aux amantes froissées d’éphémères folies !

 

Aimerais, à ton cou, faire rouler des mues

Dizygotes, mais si proches… de précieuses

Perles aux translucides couvées, lieuses,

En ces erres pentues, ces libertés promues.

 

Sur le cuir de ton ventre cuivré, les replis

De la chair ceinte de cicatricules, gondolent

De tes quêtes, que les fièvres racolent,

Entretissant les rus, et qui s’y multiplient.

 

Pris au rets de cet ardent vertige, j’assume

Le délire contrefaisant du marasme premier,

Le vexant embarras… dois-je, coutumier

De binz, m’assujettir aux fielleuses coutumes

 

Dont l’idéal poudré de convenances, taille

Des coussinets au charme présupposé

D’énamourés isolés de l’espoir ?... Indisposés,

Peut-être, quand le doute et la foi bataillent,

 

Et qu’il faille, au moindre des peccavi, plier

Genoux, avant de s’amortir de craintes,

D’appréhension… ou de nuisibles plaintes

Bruinées sur la doublure du frêle palier

 

Foulé, voire refoulé du galant pincé de joutes

Sans sarcasme, ni gouaille ; en klephte libre

De dérober à la belle, sans la jamais poursuivre,

Le trésor palatin des vestales : charges dissoutes

 

De l’Ephésienne, quand l’amour illusionne

La serve rompue de mécaniques messes,

La camérière que l’onanisme agresse,

Au soir où le plaisir, malgré soi, contorsionne.

 

J’aimerais vaincre ces affres tissulaires,

Ces dermiques bâtis, prendre entre ses cuisses,

Le chenal du possible, glisser des interstices,

De ses brefs geignements, qu’accélèrent

Les brettes de l’accouplement, en l’obère

Du désastre affuté de regrets, s’ils régissent

Du vagabondage, la pérégrination : solitaire

Entreprise où le songe manœuvre, pour taire

Du tumulte de l’entrelacs, piégé des canisses,

Le souffle ahanant de vaillantes prémices.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021