Enfant de
la balle
Je croyais que j’étais un enfant de la balle,
Un prodige du cirque, un fier acrobate ;
Au-dessus des filets, quand d’autres se débattent,
Tanguerais sur le fil, en gracieux bubale.
Je me voyais courir sur la piste nacrée,
Quand les lumières ceignent le chapiteau…
Je n’avais d’avenir, que perché au tréteau
De cette gloriole nous voulant tous encrer.
Aux yeux des trapézistes, serais frondeur,
Nuisible cabochard, en quête de bohème…
Ma vie ferait, en ces aubes trop blêmes,
Eclater les jointures de l’immonde froideur.
J’aurais, aux grises mânes, avant de m’en aller,
Percer tous les mystères de la gent cafardeuse ;
Des lubies absconses, la sève acineuse,
J'éteindrais la brûlure les venant empaler.
D’aucuns diraient de moi : _ se peut-il, au
soir,
Qu’il survive aux affres de la morosité !?
Puis, d’un langage fade, voire inusité_
Il a, des rêves pleins, encordé l’illusoire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
re les cols ténus de l'offense et l'ivresse des cimes de la poésie. Naissent en mes vertiges, d'élégiaques remembrances. Mes poèmes sont vôtres... J'écris par peur de taire les contradictions miennes. Armand Mando ESPARTERO

