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lundi 26 avril 2021

DOLOREM MEUM* Ma peine

DOLOREM MEUM*

Ma peine

 

Elle est en ce miroir, une vierge

Qui s’offre au matin gris, quand

Vacille la flamme du modeste cierge

Que peu à peu, évincent les décans.

 

Si l’hiver la pénètre, elle emmure

De son profond chagrin, le souffle

Lentement dilué de l’étrange ramure

Sous les baies que les ombres marouflent.

 

Elle parle mon patois, se cheville parfois

A mes larmes salées d’adolescent puni,

Vieillissant dans la neige, au froid

De remembrances, trop souvent, de dénis.

 

La nuit, face à face, jouons en silence

A des jeux interdits ; la mort en décélère

Des besoins latents, d’intimes confidences,

Sans farder d’entregents, le rythme délétère.

 

Au matin, en l’éveil de l’aurore floutée

De mues anamorphes, me fait reproche

D’avoir du temps, sans raisons, abouté

Rêve et factuel, défaits de l’anicroche…

 

Pour elle,  sans mal, ai déposé les armes,

Car de l’anadipsie, sans vaincre la pépie,

Ai abreuvé mon âme irradiée de larmes

Aux sources polluées de l'arrogant dépit.

 

Je n’aurai plus le droit, aux ides à venir,

De m’asseoir à la table de l'enfant de jadis ;

La vieillesse a tracé de riches souvenirs

En l'anamnèse enchâssée d’indices...

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021