Pisteur aguerri
A l’abri sur la branche,
J’épie les citadins, les oies
S’empanachant de joie,
Emmurées de nuits blanches.
De mon nid d’infortune,
J’aperçois les marins défaits,
Grisés d’embruns, sans effets,
Face aux vagues falunes.
Du faîte de mon palmier,
J’écoute les tempêtes de mai
Briser de l’océan brimé,
La lame aux flots coutumiers.
Dessus l’épais collet, je scrute
Les soldats d’une impossible guerre ;
En spadassins, bataillaient naguère,
Pour gagner de douloureuses luttes.
Cependant, privé de jaseran,
J’avance à découvert, inquiet
Des ombres enquillées
Profanant ma doublure d’errant.
