Ma solitude est l'arbre où se meurent
Fleurs et ombres déchues au soir ;
Personne ne la connait plus ; j’ai peur
Des traces m’empêchant de m’asseoir.
C'est une terre aride, un désert
Traversé de mille souvenirs:
Ruines, chagrins, folles
misères ;
Rien pouvant m’appartenir.
J’ai vu naître sous mes soleils éteints,
L’amertume de piètres lendemains ;
La femme fuirait de mon lugubre teint,
L’esquisse traversant ces chemins.
Ma solitude pose au revers des larmes,
Des perles entachées de regrets ;
D’avoir cru au bonheur, ai du charme,
Évincé les feintes sans attraits…
Je crains qu’il faille des plaintes acerbes,
Des jérémiades, élaguer la rengaine,
De lascifs soupirs, de propos terbes...
Nulle issue en dehors de nos peines.
Ma solitude achève du col des années,
L’inexact reflet, l’exsangue nitescence…
Y dois-je voir en ces heures damnés,
L’exil claveté au pieu de l’absence ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
