Lâches… ô combien
Avions du réel, éparpillé les cendres,
Faisant table rase des souvenirs ;
Que n’aurions-nous puisé de l’avenir
Pour calmer de la peur à distendre,
L’inutile ressort ! Étions en ces luttes,
Pénibles pancraces, peilles, chiffes,
Loques de décapage, dont les griffes
Mues en têtières, aiguillonnent l’insulte.
Vivions reclus, en pénitents ; l’âme
Barbelée de papelardises: casuistique
Décélérant de l’idoine supplique,
Lucidité du croyant, s'il s’y pâme.
La vie sans offrandes, alimentait du cœur
Lacéré de piteuses promesses, la systole ;
Étiolés, simiesques, enfouis sous étole,
Cachions de l’affect, l’évidente rancœur.
Qui savait que nous étions longtemps,
Informelle berme piétinée de castes,
Dispendieuse coterie déifiée d’héliastes,
Au soir où la plèbe, et d’un pas hésitant,
Longe le pont de la mort souveraine:
Percée du Shéol contrôlé de cerbères
Dont le souffle grime le réverbère,
Le trottoir emprunté de sirènes ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
