Orageuses
plaintes
Je sais bien sûr, qu’il faudra enterrer
Le désaveu dont je subis les foudres,
Pour voir renaître en moi, l’effaré
Écorniflant son profil à dissoudre,
Le mal arc-boutant sa dégaine
Profanée d’enjôleuses lèvres
De naïades adonnées aux peines
Qui désarment les spumeuses fièvres.
Au cahier délavé de mes pleurs,
Dorment des rimes de béjaune,
Assonances accrochées en leurre ;
En mon cœur, elles frissonnent.
N’ai point musardé, ni baisé la joue
Des Manon de trop courtes récrés ;
Je voulais à leur cou, fier, poser bijou,
Sans en abroger les drastiques décrets
De la communale... s'y s’éventent la joie,
Les rires dilués d’improbables rengaines
Ânonnées d’écoliers conspués de bourgeois
Parfois, lestés d’une horrible bedaine.
Mon œil voile de l’expectance, l’illusion
Sublimant du poète, la colichemarde ;
Elle perce la voyelle, charge l’élision
D’un fardeau griffé de mille échardes.
Je jette sur l’ombre des balbutiements,
L’ébouleuse jeunesse qui talle le chemin
Des gémonies, en plein escarpement :
Infranchissable dôme rehaussé de mes mains.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
