VOS*
Vous
Vous, qui
faites bombance, en silène ventru,
Qui attisez
la flamme de l'épicurisme…
Vous, que
les mondes peu à peu, désobstruent
De la
dive sagesse, sans montre d'adultisme,
Vous, que
triste mécène finance à escient,
Verrez germer
la mort au palier de l'offense!
Vous que
les femmes butinent, en odalisques
Éventrées d'insuccès, que les chattes griffent
En de
malsains boudoirs, où de l'accréditif,
Les banquistes
aspirent, enivrés de trochisque,
Délestés de sequins, les amantes sphénisques…
Pauvres
choses sans cervelle, sans ailes
Sous la
calanque d'un océan vidé!...
Vous que
l'espoir à naître bague d'étincelles,
Les
plumets irradient l'écaille de clupéidé,
De quel
mémo vous doit-on faire offrande,
Avant de
vous pousser au cul de basse-fosse?
Voyez, monarques, l'automne vous désosse,
Chaule
de l'ossuaire, délesté de prébendes,
Le gonfalonier: fidèle porte-croix, héraut
Tonitruant
avec art:_ le roi est mort,
Vive le
roi! ... Le larvaire sait de l'oxymore,
Sans mal,
emprunter l'étrange subtilité…
A en pleurer
de rire… en peut-on douter?
Vous que
les murs gardent de la peur du vide,
Les
barreaux défendent de l'intrus, oui, vous,
Dont les
réfractaires, quand ils se dévouent,
Absolvent
encor, en soldats impavides,
Sans guerroyer, vous, spadassins, sbires,
Au besoin
de tuer ! Ne vous arrive-t-il pas,
Aux lunes d'abondance, à petits pas,
De longer
l'allée, où se vient esbaudir
La rosière dont on voudrait médire,
La pucelle
de mai ?… aimeraient maudire
L'infidèle
damoiseau… ne le feront pas!
N'êtes
point, jocrisse, bienvenu à ma table!
Je vous
réserve pitance et couche, à l'étable…
Y fermente l'âme prétendue charitable ;
Rien de plus vrai, qu'une mise actable.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021

