QUOD*
Evidence
La femme est un boudoir dont l'homme déçu,
Pour renaître d’amour, se laisse rassurer ;
C’est une île déserte, à l’abri des marées…
Personne ne dit d’elle… oh ! si j’avais su…
La femme est un palais de porphyre, d’ivoire,
Traversé d’émotions, de chagrins, de doutes ;
Quand vacillent ses rêves, s’arrête sa route,
Se diluent ses envies, s'évente son savoir.
C'est un berceau… y sommeille l’espoir ;
Elle se grise d’envies, de riches passions,
Puis se repaît au soir, avec compassion,
Sevrée d’apitoiements torsadés du guipoir.
Ce jardin aux ligneuses marcottes,
Promène sa vertu aux barbelés du monde,
Se laisse griffer de l’amant qui la sonde,
La juge, avant de la vider de râles aliquotes.
C’est un bassin empli de sanguines larmes,
Au rideau lacrymal… fuchsine déversée
Sur la fragile peau du mythe de Circée,
Dont la proie, en muant, peut devenir l’arme
Dans la main du bourreau qu’elle se plaît,
A singer, quand la honte poudroie l’onde,
Qu’éclatent les rais aux teintes rubicondes,
Que se meurent les feux de son ardente plaie.
La femme sous fusain, ce pastel retouché
De malhabile main, soulage de mon mal,
Aux heures acceptables, le tissu animal ;
Je la veux réceptive, et sans l’effaroucher ;
Elle se veut complice abouchée
A ma solitude… mes dérives de mâle.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
