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mercredi 13 janvier 2021

AMBULAVI* J'ai marché

 

AMBULAVI*

J'ai marché

 

J'ai marché sur l'empreinte de tes pas,

Couru sur l'ombre de ton ombre…

Bien sûr, tu ne savais pas

Te délier de l'angoisse de mon côté sombre.

 

J'ai marché sur la peau de ta silhouette,

Forci de tes rires mutins, la possible liesse,

Avant que de me perdre, en des pirouettes

Dont les filles agrémentent sans cesse,

 

Quand se diluent nos pleurs, l'itérative mue…

Je fais des matins gris, au nord de l'insuccès,

Radieux flamboiements, capturant, ému,

Les chaudes étincelles bitumant ces excès.

 

J'ai marché au jour s'en venant naître,

Sur la moite rosée emperlée de chagrin,

Pour voir du renouveau, ce qui, de la fenêtre,

Semble miasmes de bruines, diaphanes grains.

 

J'ai marché sur Paris, avant de m'écrouler

Sur les berges froissées de la Seine salie…

Ai vu se racornir le majestueux ballet

Du roulis, au vent boudant son ciel pâli.  

 


Si je m'arrête, vois-tu _ il n'y aura, hélas,

Entre les interstices des clichés d'autrefois,

Que vieillissante sépia… plus de traces

De ressouvenances cosmétiquées de froid!

 

Qu'aurais-je à dévoiler en ces deuils épointés,

Dont le temps fait festin des mortes années!

Serai, sans contredit, pour encor m'accointer

Aux serves de bohème, cacochyme tanné,

Sous un rideau de larmes, au tissu buriné

De la sénescence… pourrais-tu en douter?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021