INVITATIO*
Invitation
J’ai ouvert ma maison à une Mélusine
Semblable à celle d’Anguipède ;
Quand du seuil, où des lueurs assassines
Enchâssent les froides dalles, un solipède
Vint s’allonger, repu de mandragore…
Je l’ai vu pris aux spires du phébus éclaté,
Eventrer le silence, d’un majestueux râle,
Proche de celui que provoque l’angor.
Le cœur de Mélusine semblait là, s’arrêter ;
Ses yeux clairs perçaient de l’aube sidérale,
La clarté emperlée de liesses binaurales.
J’ai ouvert mon jardin à une Aveline
Sans roses, ni papillons… souriait, confiante,
En la lueur moite du petit matin…
Elle avait du regard, en cape d’agneline,
Posé sous la charmille, des étoiles filantes
Rocouant la matutinale de reflets satins.
J’ai ouvert mon cœur à une tanagra défaite
De l’engobe de l’ornemaniste… elle pleurait
Des larmes de cristal ; fautive, sans doute,
D’avoir cru en son deuil, aux riches fêtes
Dont les figurines se voudraient parer,
Avant de se briser, au détour d’une route.
Désormais, je garde porte close… nulle invite
Ne saura porter baume à mon mal…
Les profils sur lesquels, en la nuit, lévitent
Mes ardeurs, ne sont plus que fièvres animales !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
