ALIA FRIGORA*
Autre froid
Hiver de
souffrances, de malédictions,
Hiver de
tentations et de profanation,
Toi qui
pénètres, de nos sensations,
Les moindres
interstices, avec l'intention
De meurtrir
le faible... ivre de prétentions,
Hisse au
microcosme de riches nations,
Pâle
oriflamme, triste bannière, livide fanion.
Hiver de
colère, neigeuse contrescarpe, geôle
Retenant
en son sein, la voilure des pôles;
Hiver crispant
la faune, quand en l'azur, décolle
Ribambelle
d'oiseaux migrateurs,
Pousse au-delà
de l’Éther, au majestueux survol
Du Phénix
renaissant, et que l'astre auréole…
S'y
heurtent les sages de l'ancienne école…
Hiver allongé
au tombeau des morts,
Hiver de
froides ides, sans désirs, ni remords,
Que
tutoient les solstices, perce la claymore
Du vaillant
Nordet, du trompeur matamore
Enfoui sous
la nue le retenant d'un mors,
Tu drapes
les saisons, et pour les formoler
D'un
venin conduisant sous fier mausolée,
La
nature abattue, démembrée, désolée,
Mais, à
ce jour, debout, pour mieux empaler
Les congères
meurtries, peu à peu, déballées
De la
riche poudreuse, où viennent cavaler
De joyeux
écoliers arpentant la vallée.
Hiver de
mes chagrins, mes spleens adolescents,
Pourquoi
retenir, sous ma peau, en mon sang,
Ta colère
princière… c'eût été indécent,
De te
parler d'amour, quand ce mal incessant
Ose peupler
mes nuits, de souvenirs vexants,
Défigurer
mes rêves, de truismes blessants.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021
