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vendredi 8 janvier 2021

TRISTIS PESSUMAE* Tristes margotins

 

TRISTIS PESSUMAE*

Tristes margotins

 

Comme des pantins de bois, ils balancent

Un corps dégingandé, un profil émacié

Face à la gent outrée qui les tance,

Quand, lâches, ces noceurs disgraciés

Martèlent le bitume, piétinent l’asphalte,

Au bras d’une sirène dévêtue, immorale,

Catin fardée, toujours prête à faire halte,

Pour le libertin : épicurien  à la masse surale,

Sybarite dressé en chien de combat,

Dont les crocs molestent la délicate fleur,

L’ingénue d’un trottoir poussé en contrebas,

Débordé du passage que les quilles effleurent.

 


Comme ces pupazzi de la Venezia, ils dodelinent,

Epuisés de servir, en rigaudons de cours,

Candaces de nuits et amantes mesquines

Vautrées dans le stupre, quand accourent

Les jouisseurs infectés d’adultisme trompeur,

Qu'un protectorat pommade sans vergogne,

Gouailleurs et bombanciers plombés de torpeur,

Mais, alertes sous les jupons ouatés de vigogne.

 


Au cercueil couvert du gris de pelletés, les vers

Chahuteront de la froide ripaille ; déçus de voir

Un corps putréfié, empuanti, à découvert,

Sur la soie encoffrant l’ossature ivoire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021