IRRITA VIDEBAT PASTOR*
Bergère inassouvie
Il était
une bergère, amoureuse du vent,
Amoureuse
du temps… je la voulais
Conquérir,
aux heures que moulaient
Et les
nuits, et les jours survivants,
Les ans
incompressibles, qu’en rêvant,
Je maquillais
d’espoir, avant de m’écrouler
Au seuil
de sa bergerie, pour encor refouler
De l’inhibition,
sans mal, les degrés éprouvants.
Il était
une bergère qui gardait ses amants
Sous l’étrange
pâleur du sarcasme mutant,
De belliqueuses
piques ; parfois, en permutant,
Quand l’automne
affadit les pages du roman.
Ses besoins
écalaient du doute, aux miens désirs,
Le pulpeux
contrefort de la sensualité…
De quels
plaisirs en berne aurais-je donc hérité,
Pour ne
me point démettre, avant que de gésir,
Etranglé
d’inconfort, sanglé d’immodestie !
Chevrière,
aux lunes en canitie, aux astres
En blanches
traînes, au faîte du pinastre,
Elle modérait
parfois, de mes réparties,
L’adroite
subtilité, si du surnuméraire,
Les mouchées
débusquaient la turlupinade,
Ganacherie
du fat inquiet de la rodomontade
Qu’en
guaglione, le débauché, pour plaire,
Tonitrue
sur la place, en ténor de réserve,
Sans que
l’angoisse, à jamais, le desserve.
Il était
une bergère qui gardait ses moutons :
De pauvres
cacochymes raillés du probant ;
M’avait
fait complice, en publiant nos bans,
D’une
possible union… c’eût été de bon ton,
Que j’aie,
moi, le faubourien, l’avorton
A me
repaître des clichés, démuni, en chiton
De consul,
avant d’acquiescer, absorbant
De ma
pauvre défaite, en minable grifton,
Le fiel
d'une mixture ignorée d’Artaban !
Armand Mando
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