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mercredi 6 janvier 2021

IRRITA VIDEBAT PASTOR* Bergère inassouvie

 

IRRITA VIDEBAT PASTOR*

Bergère inassouvie

 

Il était une bergère, amoureuse du vent,

Amoureuse du temps… je la voulais

Conquérir, aux heures que moulaient

Et les nuits, et les jours survivants,

Les ans incompressibles, qu’en rêvant,

Je maquillais d’espoir, avant de m’écrouler

Au seuil de sa bergerie, pour encor refouler

De l’inhibition, sans mal,  les degrés éprouvants.

 

Il était une bergère qui gardait ses amants

Sous l’étrange pâleur du sarcasme mutant,

De belliqueuses piques ; parfois, en permutant,

Quand l’automne affadit les pages du roman.

 

Ses besoins écalaient du doute, aux miens désirs,

Le pulpeux contrefort de la sensualité…

De quels plaisirs en berne aurais-je donc hérité,

Pour ne me point démettre, avant que de gésir,

Etranglé d’inconfort, sanglé d’immodestie !


Chevrière, aux lunes en canitie, aux astres

En blanches traînes, au faîte du pinastre,

Elle modérait parfois, de mes réparties,

L’adroite subtilité, si du surnuméraire,

Les mouchées débusquaient la turlupinade,

Ganacherie du fat inquiet de la rodomontade

Qu’en guaglione, le débauché, pour plaire,

Tonitrue sur la place, en ténor de réserve,

Sans que l’angoisse, à jamais, le desserve.

 

Il était une bergère qui gardait ses moutons :

De pauvres cacochymes raillés du probant ;

M’avait fait complice, en publiant nos bans,

D’une possible union… c’eût été de bon ton,

Que j’aie, moi, le faubourien, l’avorton

A me repaître des clichés, démuni, en chiton

De consul, avant d’acquiescer, absorbant

De ma pauvre défaite, en minable grifton,

Le fiel d'une mixture ignorée d’Artaban !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021