HUC !
Voici !
Voici de la rosée, d'impériales gouttes,
De fragiles perles, de ductiles carats !
Sur ta peau satinée, ils viendront caresser
En de fauves plissures, les courbes oppressées,
Tracées de la cambrure, en des pauses absoutes,
De possibles rivages, d'esquille baccarat.
Voici des molles vagues, l'incertaine frisure,
Le reflux des marées accrochées à la lame,
Sans contraintes, en des replis agames,
Au souffle ondulaire ; y flottent des brisures !
Voici mon cœur-écrin aux tons violacés !
Si de ce reliquaire, s'éveillent des soupirs,
D'altérables plaintes, sache des spires,
Te lentement repaître, des jets entrelacés,
Retenir du fluide des mots volontaires,
La diaphane crue, en un débit semblable
Aux larmes bleues, dites acceptables,
Aux épreuves de lois surnuméraires !
Voici mes lèvres aux moites commissures,
Subtilement posées à ta sanguine bouche
Endolorie de fièvres, cette farouche
Lippe troublée du gordien d'épissure !
Voici ma peau vaincue d'adultérines luttes,
Parjures de maritornes asservies
Aux rituels bigames dopés de survie !
L'insatiable hétaïre, en la chair, percute
Du mâle en rut, l'ithyphallique glaive,
Erectile butoir d'apollon accouplé
En ces dérives, à la serve ; elle se plait
A défendre du faux pucelage, la sève.
Voici de ma pâleur d'amant, la note !
En tes reins ceints d'hédonisme, mon corps
S'infiltre, pour se noyer au cylindre
De l'âme ; j'y vois flotter, sans me plaindre
Jamais, les sillons de ces sombres accords
Rythmés de pressions dizygotes.
Mes soifs ont, de l'imperméabilité du songe,
Traversé l'accès aux fantasmes… j'en émiette,
D'abstraites humeurs… inquiètes,
Mes visées s'apitoient de ces regrets qui rongent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
