pinterest

lundi 25 janvier 2021

MOTUS EPISTOLARI* Emois épistolaires

 

MOTUS EPISTOLARI*

Émois épistolaires

 

 J'ai, de l'encre à la plume, franchi

Mille barrages, enjambé les clôtures

De l'avenir ; qui, du jargon, à la littérature,

Ampute les méandres d'un style infranchi.

 

Je n'ai pu éteindre de mes lèvres,

Le compendium, ces épistémès d'époques,

Semble-t-il, révolues... langage plurivoque

Aux intonations attisées de fièvres.

 

Mes écrits, sevrés du style d'apparence,

Fardent d'introspection, la psychose

Scellée du rationnel_empirisme qu'enclosent

Les tons de mansuétude : tangible indulgence

 

Défaite d'argyrocratie ; ceux qui espèrent

Prébendes, pour un ciel illusoire, s'effeuillent

Aux ides battues du ressac, sur l'écueil

De poisseux lendemains sans bauge, ni repaire.

 

Je t'ai écrit à l'aube des solitudes pleines,

Sans remords, le doute, la cruelle absence

De lunes réceptives à ma turbulence,

Quand le repos décroît des reflux exogènes…

 

T'ai narré sans emphase, ni rimes altières,

Mes nuits peuplées d'ascétiques chimères,

Songes d'utopiste bafoué, l'âme amère

D'archonte aux griffes carnassières.

 

Ne me reste_ vois-tu! _ en ces maux feutrés,

Qu'un palimpseste, où la mort et la vie,

En de sournois ballets, rythment des envies,

Le magistral adret indompté du lettré

 

Dont l'équanimité proroge le savoir,

L'ataraxie de Démocrite, le stoïque

Réceptif à l'aponie ; Épicure la caustique

D'outranciers sophismes, de joutes dilatoires.

 

Se peut-il qu'on en vienne, toi et moi,

En des soirs de bohème, à se désaccorder

Des musiques d'antan ? Peut -être se larder

De noires impostures échues de ces émois

 

Ces cyniques rogues drapées

De démesures, pontifiantes complies !

D'épistolaires accointances, d'obreptices plis,

Me saurai défaire… repu de priapées,

 

Viendrai en l'ouate des bleus matins,

Aux sources d'opportunes amours, m'abreuver,

Admonestant l'hiver trop tôt couvé

Du vent de complies, de l'aquilon mutin !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021