MOTUS EPISTOLARI*
Émois épistolaires
Mille barrages, enjambé les clôtures
De l'avenir ; qui, du jargon, à la littérature,
Ampute les méandres d'un style infranchi.
Je n'ai pu éteindre de mes lèvres,
Le compendium, ces épistémès d'époques,
Semble-t-il, révolues... langage plurivoque
Aux intonations attisées de fièvres.
Mes écrits, sevrés du style d'apparence,
Fardent d'introspection, la psychose
Scellée du rationnel_empirisme qu'enclosent
Les tons de mansuétude : tangible indulgence
Défaite d'argyrocratie ; ceux qui espèrent
Prébendes, pour un ciel illusoire, s'effeuillent
Aux ides battues du ressac, sur l'écueil
De poisseux lendemains sans bauge, ni repaire.
Je t'ai écrit à l'aube des solitudes pleines,
Sans remords, le doute, la cruelle absence
De lunes réceptives à ma turbulence,
Quand le repos décroît des reflux exogènes…
T'ai narré sans emphase, ni rimes altières,
Mes nuits peuplées d'ascétiques chimères,
Songes d'utopiste bafoué, l'âme amère
D'archonte aux griffes carnassières.
Ne me reste_ vois-tu! _ en ces maux feutrés,
Qu'un palimpseste, où la mort et la vie,
En de sournois ballets, rythment des envies,
Le magistral adret indompté du lettré
Dont l'équanimité proroge le savoir,
L'ataraxie de Démocrite, le stoïque
Réceptif à l'aponie ; Épicure la caustique
D'outranciers sophismes, de joutes dilatoires.
Se peut-il qu'on en vienne, toi et moi,
En des soirs de bohème, à se désaccorder
Des musiques d'antan ? Peut -être se larder
De noires impostures échues de ces émois
Ces cyniques rogues drapées
De démesures, pontifiantes complies !
D'épistolaires accointances, d'obreptices plis,
Me saurai défaire… repu de priapées,
Viendrai en l'ouate des bleus matins,
Aux sources d'opportunes amours, m'abreuver,
Admonestant l'hiver trop tôt couvé
Du vent de complies, de l'aquilon mutin !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

