Adieu très chère
On te couchera dans la terre des hommes
Accoutrés en soldats, rêvant de se griser
De plaisirs malsains, ce luxe qui assomme
Le reître fatigué, dont le front s’est plissé.
On verra l’épitaphe hissée en gloriole,
Le ventre rebondi d’un fastueux pulpitum,
Sur lequel les veufs jouant leur meilleur rôle,
Verseront mille larmes … ad libitum.
On te viendra pleurer au noir de funérailles,
Voilés sous la mantille, en guêtres et chapeau ;
Figées, nos moites plaintes, aux entrailles
Purgées de sentiments écalés de la peau,
Ecobueront du fiel de l'impair, les nœuds
Etranglés, l’amertume coutumière du lâche,
Le fiel, dont se plaignait déjà, le boutonneux.
Ton époux, ravi de jouer les désenchantés,
Conduira le soir même, à l’hôtel, la pimbêche
Croisée dans l’ascenseur… son parfum a hanté
De sa prison dorée, sans que rien ne l’empêche,
Les imposants barreaux, derrière lesquels
Sa soif a pris de l’importance, sa pépie, couvée
Du réactif en berne, hissée au marbre de triskèle,
Les songes en pénètrent les motifs controuvés,
Ce majestueux douzil, que salutaire main
Obture sans disgrâce, au flux de prétentions
Bercées de contrevérités… sans lendemain,
Annihilées au soir où s’enlacent, avec dégoût,
Aux décans de lunes, vidés d'émotions,
Deux êtres arraisonnés au port du disponible,
Deux ombres pénétrées de feintise, nues,
Sans pastel, sur la toile de l'immarcessible,
Et qu’enclosent des rites défaits de retenue.
Le voilà, cet amant infidèle en pensée… il danse
Sur le damas d’un baldaquin sans vie ! …
Sa passion trouvera, en ce dévergondage, l’anse
Du retenir… le péché d’Adam_ ici-bas
_ l’a ravi.
Si tu m’avais aimé, m’avais su apprécier,
Le porphyre des limbes ne t’aurait encagé !
Si l’on s’était compris, aurions, du circonstancié,
Oté chaque sophisme… que ne l’aie-je hier, envisagé !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
