pinterest

lundi 18 janvier 2021

CARASSIMI VALE* Adieu très chère

 

CARASSIMI VALE*

Adieu très chère

 

On te couchera dans la terre des hommes

Accoutrés en soldats, rêvant de se griser

De plaisirs malsains, ce luxe qui assomme

Le reître fatigué, dont le front s’est plissé.

On verra l’épitaphe hissée en gloriole,

Le ventre rebondi d’un fastueux pulpitum,

Sur lequel les veufs jouant leur meilleur rôle,

Verseront mille larmes … ad libitum.

 

On te viendra pleurer au noir de funérailles,

Voilés sous la mantille, en guêtres et chapeau ;

Figées, nos moites plaintes, aux entrailles

Purgées de sentiments écalés de la peau,

Ecobueront du fiel de l'impair, les nœuds

Etranglés, l’amertume coutumière du lâche,

Le fiel, dont se plaignait déjà, le boutonneux.

 

Ton époux, ravi de jouer les désenchantés,

Conduira le soir même, à l’hôtel, la pimbêche

Croisée dans l’ascenseur… son parfum a hanté

De sa prison dorée, sans que rien ne l’empêche,

Les imposants barreaux, derrière lesquels

Sa soif a pris de l’importance, sa pépie, couvée

Du réactif en berne, hissée au marbre de triskèle,

Les songes en pénètrent les motifs controuvés,

Ce majestueux douzil, que salutaire main

Obture sans disgrâce, au flux de prétentions

Bercées de contrevérités sans lendemain,

Annihilées au soir où s’enlacent, avec dégoût,

Aux décans de lunes, vidés d'émotions,

Deux êtres arraisonnés au port du disponible,

Deux ombres pénétrées de feintise, nues,

Sans pastel, sur la toile de l'immarcessible,

Et qu’enclosent des rites défaits de retenue.

 

Le voilà, cet amant infidèle en pensée… il danse

Sur le damas d’un baldaquin sans vie ! …

Sa passion trouvera, en ce dévergondage, l’anse

Du retenir…  le péché d’Adam_ ici-bas _ l’a ravi.

 

Si tu m’avais aimé, m’avais su apprécier,

Le porphyre des limbes ne t’aurait encagé !

Si l’on s’était compris, aurions, du circonstancié,

Oté chaque sophisme… que ne l’aie-je hier, envisagé !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021