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mardi 5 janvier 2021

ELISE

 


ELISE

 

Loin de tout, loin de vous, Elise, mon cœur

Se torsade, puis se dissout des larmes

Le voulant grimer, pour en rompre le charme

D'années, où l’amour évinçait la rancœur.

Loin de la belle Provence, s’asphyxie

La rosée nimbant la flore, en ce froid décembral ;

Se meurent les vents, qui des palpébrales,

Aspirent chaque douleur… qu’intensifient

Les rides modulées, l’attendrissement, aux plis

Pénétrés de possibles, d’altérables souffrances,

Peu à peu, éclatées de vaines turbulences

Entrelacées d’absences, coulpes de complies.

 

Je voudrais, tendre Elise, au miroir du lac,

Retenir vos mutines joues, au radieux halo ;

Pénétrer de vos cils, le doux reflet pâlot ;

Les pleurs en sanglent la lignite de laque ;


Il me manque d’aimer, me manque de vivre,

Rompu de disgrâces éventées sans raison ;

La sagesse, l’envie m'alunent... ivre,

De désespoir, mon âme en couvaison,

Pépie quelque pitance, avant que de se lier

Aux trompeuses attentes, ces captieux espoirs

Mutilant l’expectance tailladée du guipoir

Du barde, cet ascète par trop humilié.

 

Elise, n’ai plus, ombragé du putiet, le courage

Du héros de grimoire, du fier palatin

Empanaché de gloire, en ces fiefs latins

Où l’orgueil implémente, sous le muretin,

Le novateur pétri de suffisance, que doux matin

Cosmétique d’estimes, que noire nuit encage

D’impudence, d’immodestie, pour de l’adage,

Bercer d’ostentation, le cagneux pantin.

 

Serai, au bord de votre lèvre, soupirant

Dont l’attention ennoblit prouesses… serai moi :

Fougueux céladon, qui ne jamais larmoie,

Quand palpite le cœur sous l’épais jaseran !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021