DURA CONGESTAS EXTERET*
Rudes congères
Les fleurs ont gelé, l’hiver s’est déversé
Entre plis bulbaires et semis figés
Parcourant des jardins, les fétuques hersées
D'immenses allées aux grumes enneigées.
Le froid rentoile l'arbre de décembre,
Fissure le tronc du bel amandier ;
De mousses, poudre des chambres,
Les canisses aux bruines irradiées.
Les fruits des branches dénudées,
Chutent sur la mousse éventrée ;
Les tiges fendillées, à la sève ridée,
Viennent expirer sur le sol excentré.
Les vents balaient les feuilles tachetées,
En dénude parfois, le limbe nervuré
Semblant ronger les stipules cachées,
Les bourgeons, peu à peu fissurés.
Les congères plaisent aux écoliers ;
Ils s'amusent dans la neige collante
Souvent retenue des pointes du hallier...
Voilent des plaines, les marcottes mutantes.
L’hiver installé au toit des chaumières,
Grimace dans la cour de mas provençaux ;
Daudet et Pagnol, étoilés de lumières,
En dévoilaient l’agréable faisceau.
Je regarde mourir les ides délavées,
Du balcon de rêves enfuis… J’écoute
Battre le cœur de l'astre condamné
A errer en l’espace délié de la voûte
Calibrée d'asters, de pierres orbitales
Déliées de l’autre stratosphère
Où s'étiolent l'infligé de tantale,
Plus souvent l'incube de l’enfer.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021


