QUOTIDIE*
Chaque jour
On apprend, chaque jour, à mourir,
Pour renaître en l’aurore, par amour…
L'offense dont l’âme se veut nourrir,
Détruira de nos vies le majestueux ajour.
On apprend, chaque jour, à sourire
Au nouveau lazarone venant mander à l’aube,
Le gîte, le couvert… moi, je le veux couvrir
De la soie des nantis, le vêtir d’une robe.
On apprend, chaque jour, à fuir
Ces ombres encernant notre devenir ;
Qui sait si le soleil, au matin, va luire
Sur la peau écaillée d’un possible avenir !
De mes murs, je vois se lézarder le temps,
Se crépir les heures cosmétiquées d’angoisse ;
N’est d’haussière, en mes tristes printemps,
Qu’une ralingue que mes doutes empoissent.
On apprend, chaque jour, à éteindre les braises
D’un boucan d’infortune, avant de disparaître
En la mort anonyme emperlée de mésaises…
Que n’aurais-je donné, pour céans, l’admettre !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
