FUGERE NOS*
Mystères en fuites
J'écale des mystères, en ces temps érodés,
Le précieux nanan, le liquoreux souffle
Avant de les dissoudre du sophisme fardé
Du logographe caché sous la maroufle
D'un subtil helléniste dont Ésope admoneste
Le style, le phonème, piégés de cénacles
Où paradent le prosateur inquiet, l'agreste
Épigone voués sans mal, à la débâcle.
J'accuse réception de ces pesants graphèmes
Dont le panégyrique honore le triste cul
Courbé sous la coupole, enivré d'anathèmes,
En l'aube effarouchée, pour toujours invaincu.
Je trie de doigts agiles, les notes déclassées
De vieux livres d'histoire, le verbatim ocreux
Du triste palimpseste… s'y semble délacer,
La trame du passé, piégée d'un sabir creux,
Narrant à l'immodeste ouïe, légendes d'antan,
Comptines de bohème… se peut-il, en ces floues,
Que surviennent d'éphémères printemps
Ajustés au col du vide en son renfloue ?
Mystères de nuits, secrètes profondeurs,
Dont De Nerval, Gautier, ces opiomanes,
Alimentent du venin d'Alan Poe, les heures
Où s'allongent catins d'érotomanes,
Serves de boudoir au langage ordurier...
Mystères obombrés d'apathiques étoiles,
Déliez de vos concerts, le flatteur laurier
Posé sur l'âme ! En soulevant vos voiles,
J'éclaire le penseur en sa molle faconde,
Clarifie du contemplatif, la répulsive verve,
Bravant mille dangers en ces mondes
D'anachronismes ; toujours, ils desservent !
Ma plume de rhéteur attifé de principes,
Encloître du syntagme, le morphème
Délié de borborygmes… elle dissipe
Du texte piégé d'arguties, les extrêmes.
Mystères en fuites, énigmes de bas-fond
Inondent de ma peau, chaque cicatricule
Posée en clisses à mon large front,
De rancunières stries … ridicule,
N'est-il pas, ce remords nihiliste ?… j'assume
Céans, en mes velléités, la foucade,
Car, de la palinodie, aux lois, se bitument
L'infortune, le revers d'actes maussades.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
