VERBA*
Les
mots
Les mots dansent sur le fil de nos âmes ;
Prennent peur, souvent, prennent froid,
Au soir, quand vacillent les flammes
Du feu échauffant les piliers du beffroi,
De l’atonie, du vide, si la raison somnole ;
En faisant illusion, l’intellect sophistique
Chaque mot vrai, dont l’orgueil s’auréole,
Chaque pensée encernée de critiques.
En m’approchant plus près, j’ai vu
Dans la lumière des mots, l’éphémère,
En empreintes calquées aux revues
Parcourues d’amantes, devenues mères.
D’entêtantes poussières vacillent encor
Sur les
pages jaunies de vieux bouquins
D’arrière-boutiques au désuet décor ;
Y tâtonnent, perdus, les minables faquins.
Nimbée du
brouillard de nos lettres,
Du
blizzard oppressant nos missives,
La main tendue derrière la fenêtre,
De vains accords, aux notes incisives,
Balaie l’assertion dont les mots avivent
Le sophisme drainé au centre du mal être.
Il ne
reste plus traces… non aucune !
De ce que jadis, et, en de justes proses,
Nous placions, pour taire les lacunes ;
Il s’en faudra convaincre… sans pause !
J’ai peine à remonter de ce puits ;
Pourriez-vous en douter?
J’en doute parfois… la nuit
Quand les mots me viennent dérouter.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
