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jeudi 10 décembre 2020

ADDITIONAL INFLAT* Additionnelles soufflées

 

ADDITIONAL INFLAT*

Additionnelles soufflées

 

Mon passé s’éveille d’un profond sommeil,

Émarge peu à peu, d’ivresses additionnelles

Où mon île se grise des spires de soleil,

D’efficaces bruines, sur le mont Périnelle,

De vents caressant la plaine de Plaisance,

Chaudes bises frisottant la rivière des pères ;

Que n’aurais-je donné pour livrer mon enfance

A la quiète douceur dont l’âme prend repaire,

Au soir où l’oisillon regagne le frêle nid, fier,

D’avoir parcouru aux nuits qui l’empierrent,

La magnifique plaine ; les stratus s’y élancent !

 

Sur la lame bleutée de l’océan marbré,

Dansent les molles vagues, les fatals remous

Soulevés des fonds clairs, d’arches cambrées,

Dont le crayeux corail hypnotise l’émou

Survolant l’onde tiède, quand la migration

Pousse des froides terres, la bernache, l’oie,

Heureuses de voler en la mutation.

 

Des ruines chargées d’histoire, Saint-Pierre

S’étire, l’œil alangui, épiant la montagne…

La pelée fait réserve, sous sa houppe altière

De folles chimères, pressant de la campagne,

L’envoûtante cambrure sur laquelle s’agitent

La précieuse marcotte, le tubule trop sage,

Noués de lianes que l’insecte effrite,

Pour se repaître des sucs de brassage.

 

De ma couche noyée de maritimes larmes,

Mon baldaquin humecté d’amertume,

S’entrelacent des spleens boudant le charme

Des premières récrés, quand à même bitume,

Nos pas désenchantés voilaient la communale

De rires, de jeux, de brettes de frondeurs ;

De la componction, les souffrances banales

N’eurent pas d’irascibles lourdeurs

Lestant le niquedouille, ou la biche coincée…

 

L’enfance… mon enfance était une fontaine,

Pétillante chute aux diaphanes gangues,

Quand la dysharmonie aux notes incertaines

Posait ses arpèges à ma pâleur exsangue,

D’autres accords filtrés en l’aurore cuivrée,

De l’émotive ouïe de l’enfance bohème…

 

O passé… mon passé : long tunnel sans ange,

Où se côtoient à l’aube, mensonges et promesses,

Tu m’as su préserver, entravé en mes langes,

De tièdes psalmodies, des cantiques de messe,

Pour offrir à mon âme rachetée du Seigneur,

Les Prières d’En-Haut, Les Divines Louanges !…

Ne suis plus, des monarques déchus, le railleur

Pétri de suffisance, naïf en quête d’un Gange

Coulant du manichéisme magnifié du sérail

Dont les putains accordent allégeance…

Serai(s) plutôt de ceux qui s’ajustent aux rails

De la caténaire…  la motrice en partance,

Et que suivent encor les poussifs wagonnets

D’un fourgon ballotté de pénibles tressauts…

 

Si mes songes sont nés d’illusoires visées,

L’éveil de mon audace accentue du réel,

En de vexantes pointes, le profil avisé

De l’homme sous ma peau, cet artificiel

Devenu fils, cet artefact délié d’utopies,

Ce nouvel arrivant qui rêve de Ciel :

Mando, l’incompris… pour le reste ?... tant pis !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020