pinterest

vendredi 4 décembre 2020

QUIA* Madame

 

QUIA*

Madame

 

Madame, j’ai peur d’avancer au bout

De ce tunnel, où s’égarent nos rêves…

Je veux, sans me trahir, encor, rester debout,

Refusant d’effacer mes pas sur cette grève

Dont vous sûtes jadis piétiner, et sans trêve,

L’écorchure, en ce mal dont vous scellez l’embout.

 

Madame, je voudrais retrouver vos parfums,

Le charme d’odalisque qu’attisent mes désirs ;

Au soir, abandonner aux sentiments défunts,

Le trouble, la moiteur, avant que d’en gésir.

 

Vos doigts sous mitaines, caressaient de mon cou,

Les revêches plissures bâillées en éventail,

Dont les baisers défaits du revêche licou,

Agrémentaient parfois de fiévreuses entailles.

 

Madame, à l’absence, je ne puis soumettre ;

L’hiver est à ma porte, et déjà, s’harmonisent

Aux froids, les souvenirs, qui du mal-être,

Avivent de poncifs, quand le mal ironise,

Les miennes pensées… faut-il que j’intronise

Des mortes sépias_ me le dois-je permettre _

L’aquatinte des pleurs, et qui nous martyrisent ?

 

Quand sonnera le glas de nos songes déchus,

Aux brumes flouées de discordantes bruines,

Au spectre bancal d'ombres fourchues,

Nos profils s’enfuiront sous d’incommodes ruines…

 

Il n’y aura plus, madame, que deux formes

Arc-boutées aux racines d’un vieil orme…

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020