QUIA*
Madame
Madame,
j’ai peur d’avancer au bout
De ce
tunnel, où s’égarent nos rêves…
Je veux,
sans me trahir, encor, rester debout,
Refusant
d’effacer mes pas sur cette grève
Dont vous
sûtes jadis piétiner, et sans trêve,
L’écorchure,
en ce mal dont vous scellez l’embout.
Madame,
je voudrais retrouver vos parfums,
Le charme
d’odalisque qu’attisent mes désirs ;
Au soir,
abandonner aux sentiments défunts,
Le
trouble, la moiteur, avant que d’en gésir.
Vos doigts
sous mitaines, caressaient de mon cou,
Les revêches
plissures bâillées en éventail,
Dont les
baisers défaits du revêche licou,
Agrémentaient
parfois de fiévreuses entailles.
Madame,
à l’absence, je ne puis soumettre ;
L’hiver
est à ma porte, et déjà, s’harmonisent
Aux froids,
les souvenirs, qui du mal-être,
Avivent
de poncifs, quand le mal ironise,
Les miennes
pensées… faut-il que j’intronise
Des
mortes sépias_ me le dois-je permettre _
L’aquatinte
des pleurs, et qui nous martyrisent ?
Quand sonnera
le glas de nos songes déchus,
Aux brumes flouées de discordantes bruines,
Au
spectre bancal d'ombres fourchues,
Nos profils
s’enfuiront sous d’incommodes ruines…
Il n’y
aura plus, madame, que deux formes
Arc-boutées
aux racines d’un vieil orme…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
