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lundi 14 décembre 2020

IN CONDUCTOR CUM REGINA* Le clavecin des reines

 

IN CONDUCTOR CUM REGINA*

Le clavecin des reines

 

Elle avait, au piano, fait danser des musiques,

Sublimer des drames, à l’ouïe fine d’esthètes

Voulant parachever l’élégante rythmique

De son fortissimo étoilé de rimes de poètes.

 

Du clavier soumis au doigté superbe, les notes

S’interféraient ; et de ce vibrato modulé

Du concis trémolo, les hymnes dizygotes

S’entrelaçaient, confiants, peu adulés

 

De l’impatient arpège enroulé aux touches

Caressées avec art, du créatif... l’artiste

Inspirée du prélude de Bach, et qu’attouchent

Les salves nimbant l’ingénieux concertiste.

 


Au feutré de son âme entoilée de bohème,

S’y délacent de mutines cantates, l’oratorio

De fades liturgies, d’ascétiques  requiem

Lestant de l’œuvre inachevée, a contrario,

 

La finesse du style, l’élégance de l'opus !

Au libelle de l’adroit dithyrambe,

Du vexatoire, dont le maestro, sans plus,

Agrée ô si peu, l’admonestation, sans flambe,

 

Ni claymore, pour percer du critique,

La pleine suffisance, ni châtrer le censeur

D’un cénacle sans vie, pour qui la poétique

Demeure un mystère, qu’Aristote, en penseur

 

Encloue au raisonnable, sans montre, il est vrai,

De grandiloquence, si de la métaphore,

Se délient des clichés, et qui souvent, effraient

Le plumitif dont l’emphase densifie le confort,

Plombe la retenue… ce, d’un moindre effort,

L’ingéniosité de l’instrumentiste, aux frais

Du mélomane… en quête de réconfort.

 


Elle avait, au piano, rassuré l’enfant sage

Penché avec ardeur au fronton de l’histoire,

Lui, qui de la blanche et réceptive page

Avait puisé des mots comme pris en otage

Entre les lignes bleues d’édits attentatoires.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020