NATURA MATER*
Mère nature
Nature,
ma compagne, nature, ma campagne,
Qui, de
mes premiers pas, su garder empreintes,
Ramène-moi
chez nous ! Fais choir de la cocagne,
La précieuse
réserve, sans murmures, ni feintes !
Quand s’éveille
matin, aux brumes dissociées,
L’arbre
de mon enfance évince du crépi,
Les revêches
stries, car des branches sciées,
Pendouillent
les ramées… par dépit.
Nature,
mon amie, conduis-moi aux jardins
Riches de
parhélie, aux ruisseaux serpentant
Entre les
prés herbus ! Y pousse le grenadin,
Perle
encor la rosée, au généreux printemps.
Au cahoteux
chemin longé du contadin,
Se perdent
la gerbille, l’agressif opossum
Dérivés
des savanes foulées du citadin,
Ce noceur que la langueur assomme…
En quête
d'errance, le faubourien malade
De la
ville, vient boire aux sources claires
Dont tu
gardes secret… à deux pas de la rade
Détachée
des dunes du front de mer.
Lorsque
je m’en irai, repu de vents marins,
Ivre de
cet embrun éparpillé aux ides,
Grisé de vaguelettes à l’aspect ivoirin,
Te baiserai
la joue, les pommettes sans rides.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


