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mercredi 30 décembre 2020

UT AMPLIO VETERESCENT* Vieillir pour s’amender

 

UT AMPLIO VETERESCENT*

Vieillir pour s’amender

 

L’épaisse contredosse de la sénescence

Rappelle les mauvais jours, les nuits pâles,

Dont les rêves couvaient d’un ton opale,

La froide nébuleuse en sa déliquescence.  

Quelquefois, aux solstices lointains, j’épie

Le gouvernail de l’étrange galiote, au soir ;

On y voit, des lunes argentées, le bossoir

Percer de la manœuvre, le rostre, par dépit ;

La lame amortie étrille du doux ressac,

Le houleux va-et-vient, l’alternance troublée

De spumescents cristaux, lentement dédoublés

De moites déferlantes en poches de bissac,

Capturées des courants de la cuve marine,

Harponnant les dérives de l’onde mutative,

Et qu’agitent les flots, les vagues attractives,

Bercées de tièdes brises, de ventées salines.

 

Quand le crépi de l’âme déjoue de l’apparence,

Le trompeur artefact, le baume purificateur

De la vraie repentance, évince le séducteur :

Ce miroir sibyllin… en montre de tolérance,

Il pommade l’ego, translate le moi profond,

Annihile l’angoisse de l’agoraphobe égaré

Aux méandres de liesses, dont l’effaré,

Purgé du réceptif, émulsionne, s'il fond,

Le capricieux derme bouloché d’entailles,

Ces rides d'entrelacs accusent prépotence,

Aux cycles mouchés, selon les circonstances,

D'un cosmétique bétonnant les écailles.

 

Vieillesse, ma compagne, lie de mon breuvage,

Me prendras-tu la main, aux ténèbres viciées,

Quand de mes songes mous, le circonstancié

Grimera mensonges et tristes bavardages,

D’un pastel de guède, d’isatis ? Verrai-je, là,

Aux nuances cuivrées du soleil en berne,

De réfractaires spires, et qu’encernent

Les vaporeuses gouttes, dissoutes, çà et là ?

 

Vieillesse, mon attente, ma réceptive ouïe,

Pardonne-moi d’avoir, des primes audaces,

Omis d’en absoudre, attifé de grimaces,

Aux rudes parénèses, en mon mal, enfouies,

Inciviles blandices, palpables ascendances !


Je te laisse guider mon imprécise marche,

Mes pas désenchantés… jusqu’à l’arche

Raflant mon double broyé de discordance.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020