Inexpérimenté
Oserais-je
narrer à l’attentive ouïe,
Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,
Mon deuil,
ma souffrance, enfouis
En mon
être figé au cœur du désespoir ?
Devrais-je
poser au seuil de votre écoute,
Et mes
rires, et mes flottantes larmes ;
Faire naître
du marasme, chaque doute
Enquillé
au possible dont il s’arme ?
Les terres
que j’ai foulées, les tunnels bistrés
Empruntés
de trompeurs, d’emberlificoteurs
Liés au
pouvoir séducteur, dont l’attrait
Fascine
le plus jeune, l’empoté trotteur,
Sont issus de claniques caves d’acteurs
Quêtant reconnaissance, dont l’auteur
Grossit
inexorablement les hideux traits.
Si je
faisais récit de ma vie sans adret,
Versant
privé de lumière, cette raillère
Domptée
du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,
Fuient le
gobe-mouche, la belle vannière,
Verriez
poindre d’hétéroclites bercales,
Semblables, ici, au simiesque profil
D'un apothicaire imprégné du tincal
Émanant de la soude, ou de l’acidophile !
Mes
jours étaient nuits… je n’avais du temps,
Approches
aucunes… je vivais en ermite,
Sans amours,
ni plaisir… de l’hiver, au printemps_
Austère
anachorète dont la soif est un mythe.
Je fais
profil bas quand les fous dynamitent
De mes
rêves d’enfant… le babil hésitant.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020