pinterest

mercredi 2 décembre 2020

IMPERITUS* Inexpérimenté

 


IMPERITUS*

Inexpérimenté

 

Oserais-je narrer à l’attentive ouïe,

Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,

Mon deuil, ma souffrance, enfouis

En mon être figé au cœur du désespoir ?

 

Devrais-je poser au seuil de votre écoute,

Et mes rires, et mes flottantes larmes ;

Faire naître du marasme, chaque doute

Enquillé au possible dont il s’arme ?

 

Les terres que j’ai foulées, les tunnels bistrés

Empruntés de trompeurs, d’emberlificoteurs

Liés au pouvoir séducteur, dont l’attrait

Fascine le plus jeune, l’empoté trotteur,

Sont issus de claniques caves d’acteurs

Quêtant reconnaissance, dont l’auteur

Grossit inexorablement les hideux traits.

 

Si je faisais récit de ma vie sans adret,

Versant privé de lumière, cette raillère

Domptée du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,

Fuient le gobe-mouche, la belle vannière,

 

Verriez poindre d’hétéroclites bercales,

Semblables, ici, au simiesque profil

D'un apothicaire imprégné du tincal

Émanant de la soude, ou de l’acidophile !

 

Mes jours étaient nuits… je n’avais du temps,

Approches aucunes… je vivais en ermite,

Sans amours, ni plaisir… de l’hiver, au printemps_

Austère anachorète dont la soif est un mythe.

Je fais profil bas quand les fous dynamitent

De mes rêves d’enfant… le babil hésitant.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020