MUNERE EMERITUS HABITATIONIS*
Séducteur émérite
J’ai
appris à me taire, car les murs écoutaient,
A me
roidir, au soir des amours mortes,
Pour ne
point traverser, et l’hiver, et l’été,
Les ruines
affaissées sur le pas de ma porte.
J’ai
appris à dompter des pulsions premières,
Le désir
et l’envie de modeler des filles,
Le galbe
charnu de prestes rancunières
Ivres
de plaisirs obombrés de charmilles.
Me suis
la nuit, livré aux lutines candaces
Accrochées
à ma peau sursitaire… ce tissu
Peaussé que les mains entrelacent,
Pour griffer le giron de vierges déçues
De n’avoir,
au faîte du fantasme, atteint
Des rudes
gémonies, les salutaires marches,
A l’heure
où se repaît la troublante catin
Délacée
du cordon amputant sa démarche.
J’ai
appris à déployer mes ailes, aux orages
Tonnés en cet espace sans lune, ni étoiles,
Cosmos
gris de désespérance : unique otage
De callipyges
serves… et qu’entoilent
Les orbes
auréolés de suies, pris au voile
De funèbres
raouts, d’offices de partage,
De
vices ânonnés... en un sabir joual.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

