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vendredi 4 décembre 2020

ASSUMPTA PROMISSA* Promesses supputées

 

ASSUMPTA PROMISSA*

Promesses supputées

 

Il se peut qu’on en vienne, toi et moi,

A ternir de nos vies, la jouissance certaine,

Que des ambitions, pourtant si lointaines,

Il faille désenclaver les maillons de l’émoi.

 

Quand se refermeront les portes du passé,

Se rabattront au soir, les volets de naguère,

Verrons se profiler au centre de l’archère,

La flèche dont Cupidon nous voudrait percer.

 

Il se peut qu’en décembre, aux premières gelées,

Les amants de Paris sous l’étole des nuits,

Se cachent encor des passants, s’ils fuient

L’aquarelle des brumes s’y laissant enjôler.

 

Tu verras aux aurores floutées, la rosée

Magnifiée la flore, avant que d’apaiser matin…

Les rayons cuprifères, ridés sur tes satins,

Éclateront leurs fièvres, pour s’y mieux poser.


Les vierges dénudées, de leur prime offrande,

S’acquitteront sans mal… en l’amativité,

Se laisseront séduire, bercées de l’émotivité

Dont s’enclouent les vestales, pour de la délivrance,

Accéder au palier des putains de bombance,

Atteindre les degrés des tendrons en partance,

Quand l’audace dénoue la chatte en liberté.

 

Grisées de l’hédonisme de l’épicurien, seules,

En des boudoirs où la chair fait réserve

De trompeuses caresses modelant la serve,

Les rosières avoueront, crispées sous le linceul,

Avoir battu coulpe au pied de la madone,

Ânonné neuvaines, égrené chapelet, en bigote

Asservie à la curie latine, en triste cagote,

Ignorant la débâcle pulsée de la maldonne. 

 

Quand tu verras se faner mon verbe, ma prose

De narrateur emperlé de clichés d’assertion ;

Quand de la métaphore, en ces componctions,

Mon style se fera, lesté de contradictions,

Psalmodie de rhéteur, sophisme d’addiction,

Il n’y aura ni pétales, ni épines aux roses ;

Alors vaincue de cet affect ennuageant l’âme,

Tu te viendras coucher au nord de mes regrets ;

Nos rires dilués, nos plaintes gaussées de près,

Formateront des rondes d’autrefois, l’agame

Des farouches étreintes, l’asexuel qu’entament,

Aux lunes pleines, brettes et mimodrames

Dont l’espèce civilise l’allégeance cambrée.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020