J’ai cru que j’étais moi, en des doutes vaincus,
De folles
déshérences, d’inutiles promesses ;
Aussi,
du temps à naître, aux minutes vécues,
N’ai pu
de l’avenir, absorber les prouesses.
J’avais
rêvé d’amour aux aurores floutées,
De passions
débordées de l’affect, d’éréthisme,
Pour ne
me point lier, quoiqu’il puisse coûter,
Au désordre
des sages bagués d’acharisme.
J’ai cru que j’étais, en des nuits molestées
D’insomnie, errant de narcoses pulpées
D’exténuation, pérégrin par trop admonesté
De vaines
somnolences le venant découper.
L’absence vient peupler de froides utopies,
Mes possibles
besoins… je nage entre les pôles
Affaissés au seuil où sombrent par dépit,
Des
conquêtes... recluses en pentapole.
J'ai cru que l’hiver poudrerait mes matins,
De flocons cristallins, diaphanes congères ;
Les jours de pluie à l'éclat diamantin
Lavèrent peu à peu mes craintes passagères !
Laissez-moi
de Mando tous les vagabondages :
Douces
aventures du rejeton des îles !
En lui
prenant la main… grisé de ses voyages,
Irai me reposer, en moujingue docile
Au cœur de Saint-Pierre, aux ruines de la ville ;
Y sommeille mon pas, et qu’encagent
La beauté
océane, l’onde bleue où défilent
Les vents
caressés de crayeux coquillages :
Ces fascinants
labres sous l’euglène fragile.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
