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mardi 29 décembre 2020

J'AVAIS CRU

 

J'AVAIS CRU

 

J’ai cru que j’étais moi, en des doutes vaincus,

De folles déshérences, d’inutiles promesses ;

Aussi, du temps à naître, aux minutes vécues,

N’ai pu de l’avenir, absorber les prouesses.

J’avais rêvé d’amour aux aurores floutées,

De passions débordées de l’affect, d’éréthisme,

Pour ne me point lier, quoiqu’il puisse coûter,

Au désordre des sages bagués d’acharisme.

 

J’ai cru que j’étais, en des nuits molestées

D’insomnie, errant de narcoses pulpées

D’exténuation, pérégrin par trop admonesté

De vaines somnolences le venant découper.

 

L’absence vient peupler de froides utopies,

Mes possibles besoins… je nage entre les pôles

Affaissés au seuil où sombrent par dépit,

Des conquêtes... recluses en pentapole.

 

J'ai cru que l’hiver poudrerait mes matins,

De flocons cristallins, diaphanes congères ;

Les jours de pluie à l'éclat diamantin

Lavèrent peu à peu mes craintes passagères !

 

Laissez-moi de Mando tous les vagabondages :

Douces aventures du rejeton des îles !

En lui prenant la main… grisé de ses voyages,

Irai me reposer, en moujingue docile


Au cœur de Saint-Pierre, aux ruines de la ville ;

Y sommeille mon pas, et qu’encagent

La beauté océane, l’onde bleue où défilent

Les vents caressés de crayeux coquillages :

Ces fascinants labres sous l’euglène fragile.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020