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dimanche 13 décembre 2020

SPECULUM TRANSIRE* Traverser le miroir

 

SPECULUM TRANSIRE*

Traverser le miroir

 

Une femme s’écrie, avant de s’écrouler_

Je vois se profiler mon futur, ma vie,

Puis, entre les larmes, une main me ravit,

M’entraîne au vide, où blackboulées,

Se dessinent des formes , comme déroulées

D’un dédale… d’autres traces en dévient.

 

Des visages s’animent au halo d’un fanal

Baignant de lueurs, l’asphalte des faubourgs,

Le bitume d’impasses longées à rebours

De sirènes de nuits, lascives, banales.

 

Défilent en ses absences, les amants d’hier:

Amours ratées aux mensonges faciles…

Elle voudrait encor retenir l’indocile ;

Céans, faire sauter l’intruse têtière,

Hideux caveçon dont s’offusque l’altière,

Et qu’entravent parfois, les rainures fissiles.   

 

Ces jours ont l’apparence de nuits de brouillard,

Quand les neiges poudroient le faîte du clocher

De chapelles semblables au dôme du rocher

De chapelains voûtés, de prédicants braillards.

 

Sa gibbeuse dégaine farde, en des râles confus,

De catarrheuses glaires, sa superbe d’antan…

La voilà, étranglée de souffrances,  battant

Sa coulpe entre des sanglots longs… diffus !

 

Devenue la proie de la dame à la faux,

Déchire le subéreux voile d’existence,

Traverse le miroir aux marbrures intenses,

Avant de disparaître, engobée de tuffeau.

 

Au réceptacle de sa tombe chaulée, les mots

Flagorneront, en de mornes éloges, hélas !

Un trompeur dithyrambe, qu’efface

Les bigotes aux fadasses grumeaux.

 

Ci-gît notre bien-aimée sœur, notre amie…

Que sa dernière demeure l’accueille dignement !

Nous plaçons sur la stèle, en cet enterrement,

La couronne fleurie de notre dévouement…

 

Dire qu’à ces fadaises, il est des cœurs soumis !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020