COGITATIO ERRANTIBUS*
Vagabonde imagination
O que n’ai-je
rêvé, entre mes insomnies !
Une plage
déserte, une oasis claire,
Une crique
perdue, une terre bénie,
Et qu’entoilent
les vents de la stratosphère.
J’y
verrais pousser de nouvelles marcottes,
De bulbeux
mailletons, de noueux provins,
Dont la
vigne agrémente du pampre nu,
Le branchage, pour extraire du vin,
La
liquoreuse robe, qui du cep trop ténu,
Anoblit
le sarment, en l’âtre de porphyre,
Aux flammes
indomptées, aux tièdes braises,
Devenues
cendreux tisons de lamprophyre,
Eparpillés
à l’aube, et qui de la noèse,
Boude le
corrélat… pour toujours, disparaître,
Dispersés
en la vision interne, sans cliver
Au butoir
cognitif, la pensée à renaître
Au cœur
de l’anamnèse, avant de dériver
De
possibles redites, de plausibles rengaines
Ajustées
au cylindre du songe consomptible,
Enquillé à ces buttes, qu’engainent
Les souvenirs
défaits, les traces putrescibles.
Que n’aurais-je
voulu, aux vaporeuses nues,
Au jour
où se dévêtent les furtives brumes,
Accéder
aux degrés talés de l’ingénue,
Quand s’éclatent
les bruines sur bitume !
Mes narcoses
pénètrent la chaleur des îles,
S’insèrent
aux sablonneuses rives poudrées
De poussières
d’écumes, parfois, d’indociles
Crachins
traversés de lourds Cirrus cendrés.
Je les
veux caresser, sans montre de pudicité ;
Je pourrais_
que ne l’aurais-je tu ! _
Y dénuder
l’aguichante dryade, exciter
La rosière
blessée d’indifférence, quand l’abattue
Promène
son égotisme, pour mieux cacher
Le vide
encellulant sa honte, l’abandon
Qui, en
gorge d’abîme, aspire pour la mucher,
La gêne
dont l’incurie semble encor faire don.
En d’insolubles
mirages, je fronce du tangible,
Le
disgracieux bâti, avant, des morphiniques
Volutes,
inhaler la bohème, à jamais accessible
Aux fantasmes
lyriques drapant la poétique.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


