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jeudi 17 décembre 2020

LES GUIRLANDES d'ANTOINE DE GENTILE

LES GUIRLANDES

 

Tandis que des Sylphes gracieux et subtils

Se soûlent de rosée au bout de leurs pistils...

O Cythère enchantée ! Eldorado de rêve !

Eden que hante encor le blond fantôme d’Ève !...

C'est là, vois-tu, c'est là que loin des curieux

Habite mon amour tendre et mystérieux.

C'est là que j'ai caché cette fleur diaphane

Que jamais n'effleura aucune main profane...

Heureuse, elle y répand son arôme discret,

Et nul de mon bonheur ne connaît le secret ;

Mais toi qui l'a créé ce paradis d'ivresse,

Oh ! Laisse que, pâmé, je contemple sans cesse,

Enivrant à jamais mes regards et mon cœur,

Tes yeux, tes grands yeux las, tout chargés de langueur !

 

(Les Guirlandes) ANTOINE DE GENTILE