LES GUIRLANDES
Tandis que des Sylphes gracieux et subtils
Se soûlent de rosée au bout de leurs pistils...
O Cythère enchantée ! Eldorado de rêve !
Eden que hante encor le blond fantôme d’Ève !...
C'est là, vois-tu, c'est là que loin des curieux
Habite mon amour tendre et mystérieux.
C'est là que j'ai caché cette fleur diaphane
Que jamais n'effleura aucune main profane...
Heureuse, elle y répand son arôme discret,
Et nul de mon bonheur ne connaît le secret ;
Mais toi qui l'a créé ce paradis d'ivresse,
Oh ! Laisse que, pâmé, je contemple sans cesse,
Enivrant à jamais mes regards et mon cœur,
Tes yeux, tes grands yeux las, tout chargés de
langueur !
(Les Guirlandes) ANTOINE DE GENTILE
