PARIS FRIGUS*
Paris a froid
Il neige
sur Paris… la Seine a pris froid,
En regardant
tomber les premiers flocons,
Sur ses
berges cachées de vieux beffrois
De la
capitale, d’où soufflent des balcons,
De petites
risées, ou d’infimes soufflées,
Gelant des
terrasses, les frêles lambourdes ;
Sous
chaque solive, les bordures renflées
Soutiennent les murettes trop lourdes.
Il neige
sur Paris… les amants s’enveloppent
De caresses,
de rires… jusqu’aux estaminets
Prisés de
solitaires au négoce interlope,
D’aguichantes
sirènes effeuillées de minets
En quête
d’aventures, de tristes damoiseaux,
Les yeux
pleins de brouillards, le cœur vidé
De désirs
princiers, avachis sous les eaux
De regrets
éculés, de larmes écoulées,
Que Paris
la mutine duvète de baisers,
De mille
et une teintes, avant de s’écrouler
Au petit
matin blême emperlé de rosée.
Il neige
sur Paris… seul, me suis endormi
Sur la
couche ridée d’un baldaquin ;
Je regarde
pousser les astres affermis,
Les étoiles pistées de l’Algonquin,
Avant de
me glisser entre les doux satins
Emprisonnant
mon corps défait de luttes,
De flottements,
de transes… en attendant matin,
Sur le
tertre blanchi, qu’éveille l’haquebute.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

